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L'AILCC hè l'associu di l'insignanti di LCC è di l'insignanti d'altre discipline abilitati in lingua corsa


Rivista di stampa

Nant'à u situ Corse Net Infos Petru Ghionga face u puntu nant'à u so prugettu di cuuficialità ch'ellu porta à a CTC.


Intervista di Petru Ghionga
Le projet de coofficialité de la langue corse, en cours d’élaboration à la CTC, n’en finit pas de provoquer passions et polémiques sur fond de manœuvres politiciennes. Ce que n’apprécie pas, son rédacteur, le Conseiller exécutif Pierre Ghionga, président du Conseil pour la langue corse, qui exprime son incompréhension devant cette frilosité à sauver a lingua nustrale, déclarée « en grand danger » par l’Unesco. Il explique, à Corse Net Infos, les grandes lignes du projet, qui sera dévoilé en septembre, et répond à tous les points qui font débat.

- Pouvez-vous nous éclairer sur la polémique entourant ce projet de coofficialité ?
- J’ai présenté, en 2011, une feuille de route sur notre action en faveur de la langue corse pour la mandature. A l’intérieur de ce document qui parle de la charte des langues régionales, de l’enseignement, de la toponymie.., se trouvait le volet le plus polémique concernant le statut de coofficialité de la langue. En décembre 2011, une motion demandant la coofficialité a été votée, à la CTC, par 38 voix pour, une abstention, mais pas de vote contre. Donc, avec l’accord du président de l’exécutif, j’ai décidé de traduire cette motion en un texte définissant le statut de coofficialité territorial de la langue corse. Nous avons créé un comité de rédaction composé de représentants de tous les groupes politiques pour y travailler. Nous avons rédigé un texte assez maximaliste qui était appelé à évoluer. Avant les élections législatives, certains élus, dans le but de nuire à la majorité territoriale et à Paul Giacobbi en particulier, ont fait sortir ce texte pour effrayer les syndicats.

- Que pensez-vous de la réaction violente de certains syndicats enseignants contre votre projet ?
- Après ces fuites, des syndicats sont venus me voir en m’accusant de tout et de n’importe quoi. J’ai toujours refusé de répondre parce que ce travail n’est pas encore terminé. Je veux bien être jugé, condamné, fusillé, mais sur un travail que j’aurais finalisé et présenté. Là, ce n’est pas le cas. C’est pour cela que je ne réponds pas ou je réponds toujours un peu à côté pour ne pas laisser éclater ma colère.

- Qu’avez-vous décidé de faire ?
- Vue la manière dont les choses se sont passées, j’ai décidé, avec l’accord du président Giacobbi, de ne plus réunir le comité de pilotage. Je considère qu’il a fini son travail. Je finalise le texte avec l’appui de mes services en demandant l’avis d’un cabinet juridique spécialisé. En septembre, ce texte sera présenté au Conseil exécutif qui l’adoptera ou pas. S’il est adopté, il sera, ensuite, présenté pour avis aux commissions de la CTC, au Conseil économique et social, aux universitaires et au Conseil de la langue corse.

- Qu’est-ce que ce Conseil de la langue corse ?
- C’est un conseil, tout juste nommé, qui est l’équivalent de l’Académie française. C’est l’instance chargée de normaliser la langue corse, de dire la norme en matière de langue. Ce travail n’a jamais été fait. Il aura pour prérogative de respecter le caractère et la diversité polynomiques. Il est hors de question d’imposer le corse du Nord par rapport au corse du Sud et vice-versa. Les deux possibilités existeront pour les traductions.

- Qui compose ce Conseil ?
- Il est composé de 50 membres : des universitaires, des experts et des gens de la société civile. Seront conviés des invités extérieurs, notamment des membres de l’Académie française, catalane et basque. Trois académiciens ont déjà donné leur accord pour y participer : Jean D’Ormesson, Jean-Marie Rouart et Marc Fumaroli. Ce Conseil se réunira, pour la première fois, fin septembre/début octobre à Corte.

- Pourquoi faire appel à des académiciens extérieurs ?
- Nous avons besoin de confronter notre expérience de la langue corse à d’autres expériences d’autres langues. Les académiciens, qui fixent les mots, ont peut-être une méthode à nous apprendre ou des conseils à nous donner. Nous sommes preneurs.

- Quel rôle joue le Conseil économique et social par rapport à la langue ?
- Il représente la société civile corse. Il est normal que ce texte, qui soulève des passions, soit transmis à la société corse. Il ne faut surtout pas faire l’erreur de le politiser. Je le dis clairement : quand je défends la coofficialité de la langue corse, je ne m’oppose pas à la France, au contraire ! Ma vision de la République française s’apparente à celle que j’ai lue, dans un article d’Edgar Morin, qui disait : « République une et indivisible, oui, mais multiculturelle ». La France s’honorerait et se renforcerait à reconnaître toutes ses diversités.

- Sur quels principes, élaborez-vous le texte sur la coofficialité ?
- La coofficialité signifie les mêmes droits pour le français et pour le corse dans tous les actes de la vie quotidienne. Je veux changer l’image de la langue corse, la sortir d’un ghetto culturel ou cultureux, qu’elle se réapproprie tous les pans de l’activité humaine, qu’elle soit la langue du travail, du plaisir, du loisir, etc… au même titre que le français. J’ai fait une conférence sur l’intérêt, pour une région comme la nôtre, de mettre en avant une langue et une culture spécifiques. C’est un atout dans le développement économique. Si demain, la Corse n’est que la Côte d’Azur à 180 kms plus loin en bateau, elle va perdre de son attrait.

- Que proposez-vous au niveau de l’enseignement ?
- Nous sommes pour un enseignement bilingue généralisé, de la maternelle à l’université. Le corse fera partie du socle obligatoire de connaissances des élèves. Mais, progressivement, comme dans tous les endroits où il y a coofficialité ! Le Pays de Galles, qui a fait de grands efforts pour mettre le gallois en avant, ne se pose pas la question de savoir s’il va être indépendant de la Grande Bretagne. Il n’y a qu’en France que l’allusion à la langue pose des problèmes d’appartenance à une communauté. Je ne comprends pas la frilosité de certains sur cette problématique.

- Les enseignants se sont émus de leur intégration au sein de la CTC. Quelle est votre position ?
- L’idéal serait le transfert de la compétence éducative à la CTC. Mais l’éducation nationale représente, dans l’île, 4500 personnes. La CTC, qui emploie 2000 personnes, ne peut pas, d’emblée, absorber une aussi grosse structure. Aurions-nous la garantie du transfert total des fonds salariaux ? C’est, peut-être, un objectif à 20 ou 30 ans, mais qui, pour l’instant, n’est pas réalisable. Si, sur le principe du bilinguisme, la CTC avait son mot à dire sur la définition de la carte scolaire et le contenu des programmes, ce serait déjà une étape importante.

- Y aura-t-il discrimination à l’embauche pour les fonctionnaires ?
- Il n’y aura pas de discrimination à l’embauche. Un fonctionnaire, en Corse, ne sera pas obligé de parler corse. Mais, chaque administration, chaque fonction publique qu’elle soit d’Etat, territoriale ou hospitalière, devra mettre en place un plan de formation et de promotion de la langue. Pour que le poste soit définitivement acquis dans l’île, il faudra après 4 ou 5 ans acquérir un niveau de langue corse qui sera pris en compte dans la progression de carrière. Comme en Catalogne où les fonctionnaires ont 6 ans pour maîtriser la langue. Il ne me paraît pas scandaleux d’énoncer ces principes !

- Avez-vous d’autres axes de travail ?
- Oui. La toponymie, par exemple. Le nom officiel devrait être le nom corse, mais les villes ou les villages, qui veulent garder leur nom toscan, le pourront. C’est un peu provocateur de dire ça, mais ceux qui sont contre la langue corse défendent le toscan, pas le français ! Ajaccio n’est un nom, ni français, ni corse, mais italien. On a pris les cartes de l’époque génoise et on a imposé les noms génois comme toponymie officielle. Si on veut aller au bout de la logique, il faut traduire Ajaccio en français. Porto Vecchio, en français, se dit Port Vieux ! Défendre le nom Porto Vecchio, c’est défendre le toscan ou le génois !

- Dans les médias, y aura-t-il un quota en langue corse ?
- Il sera difficile de l’imposer, mais les médias doivent, aussi, s’orienter vers le bilinguisme. Ce qui est loin d’être le cas, actuellement, même quand nous avons des conventions avec eux. Viastella devrait faire 50 % de ses programmes en corse, elle en est loin ! Mais si la société devient bilingue, la presse, et même la presse écrite, suivra naturellement.

- Combien y-a-t-il de locuteurs qui parlent corse ?
- On ne sait pas. Les estimations les plus sérieuses tablent sur 70 000 corsophones. On va lancer une enquête sociolinguistique, en octobre, pour avoir une idée plus précise. A mon avis, il est urgent d’engager des actions précises sinon, dans dix ans, ce nombre va rapidement décroître. Je prends un exemple. Je suis élu dans deux collectivités. Au Conseil général où je fais partie des plus jeunes, 100 % des élus parlent corse. A la CTC où la moyenne d’âge est bien moins élevée, seuls, au grand maximum, 60 % des élus maîtrisent le corse.

- Quel est le calendrier prévu pour le texte sur la coofficialité ?
- Il sera présenté à l’Assemblée d’ici à la fin de l’année. S’il est adopté, il sera intégré au package de demandes de modification constitutionnelle (foncier, fiscalité…) qui sera transmis par la Commission Chaubon. Tout ce que je viens d’énoncer est anticonstitutionnel et exige obligatoirement une modification de la Constitution et une redéfinition de la place de la Corse dans la République française. Ce qui n’est pas une exclusion de la Corse de la République française ! Je rappelle que d’autres régions ont des statuts particuliers qui ne posent pas problème. La Nouvelle Calédonie avec son statut d’autonomie ou l’Alsace et ses curés payés par un Etat laïc ne choque personne ! De nombreux dispositifs peuvent être adaptés. La France ne perdra pas grand chose en acceptant que la Corse ait un statut différent. Aucune autre région ne demande le statut de coofficialité territoriale pour sa langue, nous le donner n’ouvrirait pas une boite de pandore qui pourrait faire peur.

- Croyez-vous que le gouvernement socialiste y sera favorable ?
- J’ai rencontré Vincent Peillon, ministre de l’Education, à qui j’ai demandé un rendez-vous, je lui ai remis ma feuille de route. Ça ne va pas être facile. Il est important, si on veut aboutir, que le texte soit voté par la plus large majorité à la CTC, au moins par 38 ou 40 voix.

- Pourrait-il faire l’unanimité ?
- Je ne sais pas. Certains groupes politiques ont de fortes réticences. Je vais présenter mon travail en disant que je suis fortement convaincu que la coofficialité est le seul moyen de sauver la langue corse. Après, chacun prendra ses responsabilités. Le multilinguisme est une richesse pour l’humanité entière et la fait progresser. Quand l’humanité perd une langue, elle s’appauvrit. Le rêve de l’esperanto, qu’on croyait être un progrès, est, en fait, une régression, une mauvaise uniformisation. Le texte, que je présente, n’est pas un texte ethniciste, uniquement destiné aux Corses. Je crois au peuple corse en tant que communauté de destin. Tous les gens qui viennent vivre ici, quelque soit leur origine, sont corses. La langue corse est un facteur d’intégration et de cohésion sociale, un moyen de fabriquer des citoyens corses et français.

Propos recueillis par Nicole MARI
Corse Net Infos



Rédigé le Mercredi 1 Août 2012 | {0} Commentaires

Rivista di stampa

Esciutu in l'edizione di u 7 lugliu di u 2012.


L'articulu di Corse-Matin

Rédigé le Vendredi 13 Juillet 2012 | {0} Commentaires

Eccu u testu chì hè statu datu à a stampa.


U testu di a cunferenza di stampa di u 4 di lugliu 2012
1/ QUESTIONNAIRE CANDIDATS LEGISLATIVES.
 
Tout d’abord, l’AILCC, comme elle avait annoncé et promis -et déjà realisé sur son site internet-, se devait de rendre compte des réponses qu’elle a reçues suite à son interpellation publique des candidats aux élections legislatives. Nous informons donc l’opinion insulaire que seuls les groupes issus des formations de “Femu a Corsica” et de “Corsica libera” ont détaillé, point par point, leurs engagements réciproques, se déclarant favorables aux quatres initiatives principales qui étaient évoquées dans notre questionnaire. Dont acte.
 
2/ CONFERENCES SNUIPP ET FSU.
 
En second point, l’Associu souhaite évoquer les prises de position récentes de certains syndicats enseignants vis à vis du projet de coofficialité de la langue corse actuellement en discussion au sein des instances de la CTC. L’AILCC tient à dire qu’elle a été profondément choquée par l’excès, voire la virulence des propos proférés par les syndicats SNUIPP et FSU qui ont pourtant pris en préambule la précaution d’affirmer qu’ils étaient “favorables à la langue corse” (ancu di grazia, ch’o sinnò chì seria statu !)
 
Il est extrèmement curieux que ce soient ceux-là même qui passent leur temps à fustiger les autres en les accusant de “politiser la question de la langue” qui, au moment où elle fait l’objet d’un très grand consensus au sein de la société insulaire et de sa représentation régionale (cf le vote à une large majorité de juillet 2011) tentent éhontément d’en faire un sujet de polémique et de crispation idéologique sur fonds d’enjeux électoraux.
 
Maniant la caricature jusqu’à la provocation, jouant sur les peurs que peut susciter un texte encore au stade de l’avant-projet (mais qui, au sein d’une commission ne comptant que quelques membres, a donc pu organiser ces fuites ?), utilisant des phrases choc telles que : “tous les examens de l’académie seront conditionnés par le corse” ou “l’élève non compétent en langue corse se verra sanctionné”… etc, ils agitent, avec une stratégie désormais éculée, les sempiternels épouvantails de la “discrimination” et de la “mise hors norme du dispositif” pour engendrer des craintes dans l’opinion, monter enseignants et parents entre eux et semer le doute et la confusion. Or, se déclarer favorable à la sauvegarde du corse tout en s’opposant à la coofficialité relève soit du contorsionnisme intégral soit de l’hypocrisie consommée, à moins, plus prosaïquement, qu’il ne s’agisse d’une franche hostilité qui n’ose pas dire son nom ! Quelles sont donc leurs propositions pour épanouir la langue corse si ce n’est par le biais de la coofficialité ? Mystère… Et si, in fine, le véritable but de certaines personnes n’était pas tout simplement d’enrayer la mise en place des mesures vitales, seules capables de sauvegarder notre patrimoine et d’établir un plurilinguisme garant d’ouverture, d’acquis de compétences, d’intégration harmonieuse et de progrès collectif ? Il leur faudra dans ce cas clairement assumer la mort programmée de notre langue.
 
Nous nous en inscrivons en faux contre certains arguments et tenions à y répondre : « la langue corse mérite la concertation plutôt que le passage en catimini » : Ciò ch’ùn ci vole à sente ! Le texte de la CTC a été voté à une large majorité en juillet denier (70% pour, aucun vote contre) ; « on divise la société » : au contraire, on l’unifie autour d’un projet généreux, intégratif et épanouissant, porteur d’une plus-value pour tout apprenant. Les non-corsophones et les nouveaux arrivants pourront se former et parler le corse en 6 ans, ce qui ne les obligera pas pour autant à l’utiliser de manière exclusive ; « mais où va-t-on ? » : nous allons sereinement vers une société ou la langue d’origine, parlée depuis des siècles mais en grand danger, pourrait retrouver une place qui lui permette enfin d’exister, sans porter préjudice à qui que ce soit ; nous allons sereinement vers une compétence plurilingue qui est un atout majeur dans le monde multipolaire d’aujourd’hui ; nous allons sereinement vers un système éducatif capable d’offrir aux élèves de l’académie la maîtrise d’un idiome véhiculaire auprès d’un sixième de l’humanité parlant une langue latine ; « le système va imposer une contraintre » : mais pourquoi diable concevoir systématiquement l’apprentissage du corse comme contraignant et discriminatoire ? Ce projet permettra aux gens qui habitent en Corse de développer en plusieurs années une compétence valorisante. Est-ce que les langues étrangères, l’Histoire-Géo, la philosophie ou toute autre discipline représentent des contraintes ?
 
Dieu merci, nous savons que, même à l’intérieur des organisations mentionnées, nombre d’adhérents ne campent pas sur des positions aussi rétrogrades, dignes des hussards noirs de la République du siècle dernier. Nous tenons à ce propos à affirmer que contrairement à ce que laissaient entendre certains titres de la presse écrite, ce ne sont pas tous “les enseignants” qui sont “mécontents” du projet discuté à l’Assemblée Territoriale aujourd’hui. Il est pour un nombre de plus en plus important d’entre nous l’aboutissement d’années et d’années d’efforts et de patient travail de conviction. Il n’est donc pas question de laisser quelques batteleurs réactionnaires accréditer l’idée que la logique jacobine serait reine au sein du corps enseignant.
 
Pour autant, conscient des manipulations politiques qui sont à l’oeuvre derrière ces intempestives montées au créneau médiatique, l’AILCC a préféré privilégier la pédagogie, l’explication et l’esprit d’ouverture. Ses membres se déclarent prêts à rencontrer les responsables de toute organisation qui le souhaiteraient et à nourrir un débat public d’éléments objectifs et constructifs, en présence de responsables administratifs et politiques impliqués dans le dossier. Plus que jamais, la question de l’enseignement du corse, “langue très menacée” selon l’UNESCO exige sérénité, concertation technique et évolution progressive (à ce sujet, il est totalement irresponsable d’attiser les craintes du personnel non corsophone : la mise en place d’un dispositif bilingue exige des années de planification. Bien des enseignants seront à la retraite avant que n’intervienne le moindre changement dans le déroulement de leur carrière. Quant aux plus jeunes, il auront des années pour acquérir toutes les compétences requises, comme cela s’est déjà vu sous d’autres cieux (cf. les 85% des non catalonophones initiaux qui ont choisi de demeurer dans l’Académie de Catalogne au bout du délai qui leur était imparti en validant leur habilitation.) Le projet actuel de la CTC sur la coofficialité est certainement incomplet, imparfait et amendable ; il peut et doit être discuté et enrichi, mais en tout cas, à nos yeux, il va dans le bon sens et il importe de demeurer dans ce sens. La question d’un éventuel changement de statut du personnel demandant par exemple la plus grande clarté quant aux garanties du maintien des règles qui le régissent actuellement, mais il s’agit là de problèmes techniques qui doivent être débattus au sein d’instances compétentes sur fonds de négociations Région-Etat, en associant le plus grand nombre de partenaires concernés. En conclusion, dépassionner les esprits, mettre enfin en place un dispositif efficace similaire à ce que plus de 40 régions d’Europe ont déjà initié nous apparaît comme une priorité que nous estimons incontournable.
 
3/ SESSION DE L’ASSEMBLEE DE CORSE
 
A ce titre, la prochaine session de l’Assemblée de Corse se devra, à notre avis, d’aborder la question de la coofficialité. Son contenu et sa mise en place restent intimement liés à la notion de transfert législatif : il faut impérativement avancer de manière significative et rapide si l’on veut se donner les moyens d’une réelle politique. Le statut particulier de la Corse octroie à la Corse un « droit d’expérimentation législative ou réglementaire » qui n’a pas été utilisé jusqu’ici. Les grandes orientations du PADDUC sont donc l’occasion de la mise en application de ce droit y compris dans le domaine linguistique et de l’enseignement. L’avènement d’une nouvelle majorité présidentielle en accord avec les orientations politiques de l’actuel exécutif de la CTC doit donner lieu à une clarification. D’une manière ou d’une autre il va falloir contourner l’écueil d’une anticonstitutionnalité qui, telle qu’elle est actuellement formulée, entrave irrémédiablement toute avancée réelle du dossier. Là aussi, l’AILCC se déclare prête à participer à toute réunion, commission ou instance (dont certaines, soit dit en passant, ne fonctionnent plus depuis des mois et des mois) visant à definir des axes structurants à très court terme.
 
4/ UN CLIN D’OEIL EN GUISE DE MESSAGE
 
Enfin, pour conclure, l’AILCC a décidé de dévoiler aujourd’hui ce qui peut être considéré comme une campagne d’information. Elle se décline sous trois formes : affiches qui seront apposées dans tous les établissements de l’île, auto-collants et tee-shirts. Le message est delivré sous forme de clin d’oeil : qui ne se souvient pas du fameux dessin de Battì Manfruelli pour l’association Scola Corsa (dont nous saluons ici le rôle majeur de précurseur) intitulé “O mà, parlami corsu” ? Eh bien, par le simple rajoût d’un lettre, le potentiel propre à chaque langue opère et avec l’aimable accord des personnes citées voilà que le slogan du Settanta devient désormais “O maè, parlami corsu” (maè étant la contraction de maestra, ou maestru : maître, enseignant, professeur.) Le message est clair : il est grand temps que le système scolaire joue enfin son rôle et soit un des moteurs principaux de la reconquête linguistique du corse. Nous rappelons à tous les esprits chagrins, les partisans obtus d’un jacobinisme d’un autre temps qui confondent laïcité et centralisme forcené, le slogan de l’Académie de Corse : “s’ancrer pour mieux s’ouvrir”. Le corse, langue de l’identité et du patrimoine est également une langue latine véhiculaire qui donne un accès direct à la Romania (ensemble des langues issues du latin.) Celle-ci est forte d’un milliard de locuteurs sur la planète (1/6ème de l’humanité.) Comment peut-on encore avancer, au XXIème siècle, les arguments de “l’enfermement”, de la “discrimination”, de la “négation de l’autre” ? Cessons les invectives stériles et oeuvrons tous ensemble dans une optique de plurilinguisme, d’enrichissement mutuel, d’échanges internationaux, d’avenir enfin maîtrisé et harmonieux. Affirmons tous pour le bien des générations à venir : “O maè, parlami corsu !”

Rédigé le Samedi 7 Juillet 2012 | {1} Commentaires

Rivista di stampa

Eccu l'articulu esciutu nant'à u situ Corse Net Infos pè a cunferenza di stampa di l'AILCC u 4 di lugliu 2012 in Bastia.


« O maè, parlami corsu »
A leia versu Corse Net Infos

A la suite de la prise de position de certains syndicats enseignants contre le projet de coofficialité de la langue corse en cours d’élaboration à la CTC, l’Associu di l’insignanti di lingua è cultura corsa (AILCC) dénonce des manœuvres pour repolitiser un projet qui fait, pourtant, largement consensus au sein de la société insulaire. Elle lance un appel à une concertation sereine pour penser un système éducatif au service di a lingua nustrale, à l’aide d’un slogan revisité. Explications de Ghjiseppu Turchini, Président de l’AILCC.

C’est une démonstration de force, de détermination et de fermeté que l’Associu di l’insignanti di lingua è cultura corsa (AILCC) a voulu opposer à la polémique syndicalo-politique qui menace, de dérives hors-sujet, le projet de coofficialité de la langue corse, en cours d’élaboration à la CTC. En mai dernier, une fuite politiquement orchestrée de l’ébauche du projet, concoctée par Pierre Ghionga, l’élu territorial à la tête du Conseil pour la langue corse, a déclenché une levée de boucliers des syndicats SNUIPP et FSU de l’Education nationale.

A l’inquiétude et le mécontentement exprimés, alors, répondent, aujourd’hui, le mécontentement et l’inquiétude des professeurs de corse regroupés autour de leur président, Ghjiseppu Turchini, et de l’un de leurs confrères, élu territorial de Femu a Corsica, Saveriu Luciani. Une réaction collective pour recentrer le débat sur la question essentielle de la sauvegarde di a lingua nustrale et sur l’urgence d’agir.

De vieux plats
En préambule, l’AILCC rappelle qu’elle a interpelé publiquement les candidats aux élections législatives sur la question de la langue et que, seuls, les candidats des deux groupes nationalistes ont répondu.

Puis, l’Associu réagit aux prises de position récentes de ces syndicats enseignants, se déclarant « profondément choquée par l’excès, voire la virulence des propos proférés par les syndicats SNUIPP et FSU qui ont pourtant pris, en préambule, la précaution d’affirmer qu’ils étaient favorables à la langue corse. Ancu di grazia, ch’o sinnò chì seria statu !».

Les professeurs de corse accusent certains de leurs collègues de vouloir «repolitiser le problème de la langue alors qu’elle fait l’objet d’un consensus serein» tant politique que social. «On nous ressert de vieux plats: discrimination, agitation des peurs avec la mise hors norme du dispositif, … pour engendrer la crainte et semer la confusion», explique Ghjiseppu Turchini.

La richesse du plurilinguisme
Démontant point par point les arguments invoqués, il insiste sur la richesse du plurilinguisme qui permet non seulement d’enrayer le déclin de la langue historique, patrimoniale et identitaire de la Corse, mais présente un intérêt véhiculaire majeur dans un monde où 1 habitant sur 6 parle une langue latine. S’inscrivant en faux contre les accusations de division et de discrimination imputées au projet, l’Associu rappelle que le processus prendra assez de temps pour permettre aux enseignants non-Corses d’acquérir, s’ils le désirent, la maîtrise de la langue. A ceux qui estiment que le projet impose la contrainte de parler corse, elle rétorque que l’enseignement de matières comme l’histoire-géographie, les maths, le français ou l’anglais est obligatoire et est, de facto, une contrainte qui ne choque personne !

A lingua nustrale en danger
Pour l’AILCC, cette controverse politique est stérile et hors sujet, au moment où l’Unesco a décrété a lingua nustrale en grand danger. L’heure étant plutôt à un débat technique constructif, elle lance un appel à l’organisation d’une table ronde réunissant toutes les personnes concernées avec néanmoins, en préambule, la nécessité de répondre clairement à une question simple : « Etes-vous pour ou contre la coofficialité ? ». A ceux qui la refusent, elle demande de proposer, en échange, une solution alternative pour sauver la langue corse ! Une manière d’acculer les récalcitrants au pied du mur qu’ils opposent au projet et de les forcer à faire suivre d’effet leurs déclarations d’intention sur la langue.

Stigmatisant « la contradiction » et « l’hypocrisie » de ceux qui déclarent vouloir sauver la langue en refusant la coofficialité, elle assène : « Nous ne pouvons pas sauver la langue sans la coofficialité. Les recettes, que nous proposons, ont déjà fonctionné ailleurs, dans des dizaines de régions européennes. Tout le monde sait ce qu’il faut faire pour avancer de manière décisive sur ce dossier ».

Une question orale
Enfin, l’AILCC contre-attaque avec une campagne d’information qui joue sur un clin d’œil à un slogan célèbre, ornant un dessin qui l’est tout autant : « O maè, parlami corsu ». Maè pour maestru, le maître, l’enseignant et pour signifier qu’il est « grand temps que le système scolaire joue enfin son rôle de moteur de la reconquête linguistique du corse ».
En écho, ce jeudi, à l’ouverture de la session de l’Assemblée de Corse, l’élu de Femu a Corsica posera une question orale sur le sujet à l’exécutif, histoire de battre le fer tant qu’il est encore chaud !
N. M.


Rédigé le Samedi 7 Juillet 2012 | {0} Commentaires

Sempre l'articulu di Corse Net Infos.


Ghjiseppu Turchini : « La coofficialité est le seul moyen de sauver la langue corse »
- Les partis traditionnels, qui clament leur volonté de sauver la langue, n’ont pas répondu à votre questionnaire. Est-ce la question de la coofficialité qui les bloque ?
- Nous constatons souvent que, malheureusement, un gouffre existe entre le discours général d’intention et l’application technique. Concernant la coofficialité, les états-majors politiques influent grandement sur les positionnements de chacun. Quoi qu’il en soit, il faut très vite avancer sur ce dossier qui, comme on peut le constater dans nombre de régions d’Europe et du monde, est vraiment le seul dispositif capable de maintenir et de développer une langue sur son territoire.

- Que répondez-vous aux adversaires de la coofficialité qui lui opposent toute une série d’arguments techniques, pratiques, voir même linguistique ?
- Ces gens n’ont pas la compétence linguistique requise pour donner une analyse objective et fondée de l’état de la langue corse aujourd’hui. Nous sommes des linguistes, nous savons très bien comment fonctionne une langue, nous ne voyons aucun obstacle à la coofficialité. Ces arguments masquent des crispations idéologiques sur la langue.

- Le projet, élaboré par la CTC, a été divulgué avant même sa finalisation. Quel est, selon vous, l’intérêt de ces fuites ?
- Nous ne sommes pas une organisation politique, mais une association technique de mise en place d’un dispositif au sein de l’Education nationale. Nous n’avons pas à analyser les manœuvres à l’œuvre derrière certaines prises de position. Néanmoins, il semble évident que certaines mouvances politiques et les syndicats qui leur sont, en général, affiliés, sont, depuis des années, farouchement opposés à toute avancée dans le domaine de la langue corse. C’est un fond ultra-républicain qui se dévoile et bloque, dès que l’on essaye de sortir des sentiers battus et d’aller vers une évolution législative. C’est la quadrature du cercle.

- C’est-à-dire ?
- Si on n’élargit pas le carcan de l’anti-constitutionnalité actuelle, on ne pourra pas mettre en place la coofficialité. Or, je le répète, la coofficialité est le seul dispositif à pouvoir assurer la sauvegarde de la langue. Se déclarer favorable à l’enseignement du corse et, en même temps, être fermement contre toute évolution lui permettant de lui donner un cadre, est une incohérence. Comme cela, on ne s’en sortira jamais !

- Ce combat d’arrière-garde vous inquiète-t-il ?
- Déjà, il nous désole. Il ne faudrait pas, ce faisant, que certaines personnes crispent inutilement le débat. Nous sommes là pour rappeler qu’un grand consensus s’est exprimé au niveau politique à travers la représentation démocratique de la Corse à la CTC. Des enquêtes régulières d’opinions montrent que les Corses, et même des non-Corses qui vivent sur l’île, sont très attachés à la sauvegarde et à l’épanouissement de la langue locale. Et si quelques enseignants s’inquiètent du projet conçu par la CTC, ils ne représentent pas la majorité des enseignants. Une autre voix, de plus en plus forte, portée par des gens de plus en plus nombreux, se fait entendre pour soutenir le projet.

- La signature de la Charte des langues régionales, promise par la gauche, est-ce un pas important pour sauver le corse ou dérisoire par rapport à la coofficialité ?
- La Charte des langues régionales est un menu déroulant dans lequel on peut sélectionner des éléments. A son niveau le plus haut, elle commence à donner un cadre structurant et fort à la langue locale. Mais, elle est en retrait par rapport à l’urgence d’agir et à la mise en place d’une coofficialité avec une langue corse, en dehors du français, légitime sur son territoire. Par contre, au niveau symbolique, un Président de la République, qui signerait enfin cette charte, contribuerait à débloquer les esprits et à donner une autre image de la France qui porte le bonnet d’âne de l’enseignement des langues minoritaires en Europe.

- Ne craignez-vous pas que le temps nécessaire au changement constitutionnel ne pose problème par rapport à l’urgence d’agir ?
- C’est pour cela que nous sommes assez inquiets. En Corse, nous avons les moyens d’aller rapidement et efficacement en utilisant, enfin, les compétences qui nous ont été octroyées par le statut particulier. Nous pouvons avancer en utilisant le changement de pouvoir en France, qui est favorable à la majorité territoriale. Si la volonté d’avancer, affichée par l’exécutif de la CTC, est réelle, qu’on nous en donne la preuve maintenant ! Et que les établissements appliquent vraiment, avec cohérence, le train de mesures mis en place, depuis de nombreuses années, notamment au niveau de l’enseignement.

- Cette non-application résulte-t-elle d’un manque de moyens ou d’un manque de volonté ?
- Uniquement d’un manque de volonté ! Nous touchons le plafond indépassable de l’optionnalité de la langue corse qui reste confinée dans un emploi du temps marginal et dérisoire, trois heures par semaine.

- Certains ne tendent-ils pas à considérer la défense de la langue corse comme un danger pour la langue française ?
- Oui. On continue de souffler sur les braises et d’opposer les deux langues alors qu’elles sont complémentaires. C’est pour cela que nous parlons de plurilinguisme. Il faut sortir de la crispation : français contre corse, et comprendre la chance d’être plurilingue, de parler français tout en gardant notre identité. Le corse nous ouvre l’espace de la Romania, qui regroupe l’ensemble des langues issues du latin, notamment italiennes et ibériques, et représente 1 milliard de locuteurs sur la planète. C’est ça la véritable chance, l’enjeu et la richesse de la langue corse. On peut parler plusieurs langues, être citoyen du monde, tout en étant ancré dans son identité.

- Vous dites que la coofficialité doit être un élément important de la négociation sur le PADDUC. Qu’attendez-vous du débat qui s’ouvre ?
- Le PADDUC parle de développement harmonieux du territoire, d’organisation et de gestion de l’espace, ce qui concerne aussi l’espace culturel. Tout est culture. La langue, qui est le vecteur essentiel de la culture, est de facto dans l’espace culturel. Donc, placer la langue, la culture, le patrimoine et l’identité dans les textes, qui vont structurer le développement de la Corse, l’occupation de l’espace, le projet politique et de société, est incontournable. Ce PADDUC va manifestement engendrer une sorte de package sur le transfert de certaines compétences. Il faut, à tous prix, que dans ce transfert de compétences figure, de manière incontournable et définitive, la coofficialité.

- En attendant ce transfert de compétences, quelle mesure urgente faut-il prendre pour sauver la langue corse ?
- La multiplication des filières bilingues, la généralisation du bilinguisme, la continuation de ce qui est en cours. A la rentrée 2013, toutes les écoles maternelles de l’île seront bilingues. Il faut, dès septembre, se mettre au travail et avancer de manière décisive.

Propos recueillis par Nicole MARI, Corse Net Infos

Rédigé le Samedi 7 Juillet 2012 | {0} Commentaires

Rédigé le Samedi 7 Juillet 2012 | {0} Commentaires
Eccu in l'òrdine cronològicu e prime risposte à u nostre quistiunariu mandatu à i candidati à e legislative.

Per avà ci anu rispostu :

- Paul Leonetti (Corsica Libera - 1a circuscrizzione di Corsica Suttana)
- Corsica Libera chì hà fattu in un segondu tempu una risposta pè l'inseme di i so candidati
- Femu a Corsica

Paul Leonetti (Corsica Libera - 1a circuscrizzione di Corsica Suttana)


1/ Site à favore di a cuuficialità?

Di sicuru ! Ghjè a basa di u nostru prugettu. Ricuniscenza di u populu corsu, lingua corsa ufficiale, civititudina corsa sò leate tutte à trè.

Evidemment, cela fait partie du socle de nos revendications : reconnaissance du peuple corse, officialisation de la langue corse, création d’une citoyenneté corse.


2/ Site per l'appiicazione sana sana di u prugettu purtatu da a CTC (foglia di strada, pruposta di statutu per a cuuficialità, travagliu di a cummissione di e lege...) ?

L’educazione deve esse una cumpetenza di l’Assemblea di Corsica. Sò numarosi i paesi d’Auropa à avè fattu stà scelta. In un ambiu naziunale francese, induva a lingua è a cultura corsa sò di pocca impurtanza, hè un bisognu. Un pudemu miccà fiddacci à u Statu. Un prugettu di l’esperti, palisatu trà pocu ind’a stampa lucale, ripiglia stu puntu impurtantissimu, da poi sempre bramatu da Corsica Libera, mà pare micca esse a vera primura di a CTC è di i so puliticanti tradiziunali.

L’éducation doit être une compétence dévolue à la CTC. C’est le cas dans de très nombreux pays européens, c’est une nécessité pour défendre une langue et une culture minoritaire au sein d’un grand ensemble national. Je note que le projet « officieux » reprend cette proposition de Corsica Libera, mais que cette mesure semble déjà en voie d’abandon par la classe politique traditionnelle, sans doute effrayée des conclusions des experts.


3/ In casu mai, site per a generalizazione di e filiere bislingue in i stabilimenti sculari ? Tandu, chì mezi cuntate di mette in opera pà ghjunghjeci ?

Ancu se aghju aghjà dettu che spartivu u prugettu di a CTC, vogliu schiarisce ciò che un elettu naziunalistu deve fà di u sò mandatu di diputatu. Un tocca micca à u diputatu di urganizà l’imparera nantu à u tarritoriu. U duvere di u diputatu hè di fà a legge é di esse attentu ch’ella sia messa in vallu. In Francia ci sò tante legge chè ùn ghjovanu à nunda : subitu fatte, sò scurdate. Cusì a legge di u 22 ghjennaghju di u 2002 chè impunia a generalisazzione di l’imparera di a lingua corsa ind’u primu gradu. Stà legge hà da esse acconcia.
Ci vole a generalisazzione di u bislinguismu, à sente l’esperti hè l’unica manera di salvà a nostra lingua.
Stà legge deve esse rispettata da l’amministrazione incù un bisognu di mezi è di risultati. Essendu diputatu, sarà a me primura.

Même si j’ai répondu favorablement à la question précédente, je souhaite faire une mise au point sur le rôle d’un député, si ce député devait être nationaliste. Un député ne gère rien. Ce n’est donc pas moi qui vais organiser l’enseignement du Corse. Mais un député vote la loi et en contrôle l’application. Or de trop nombreuses lois restent lettre morte, dont celle du 22 janvier 2002 qui prévoit la généralisation de l’enseignement de la langue corse dans le primaire*. Il faut que cette loi soit amendée pour prévoir la généralisation de l’enseignement bilingue et ensuite qu’elle soit appliquée. La loi doit comprendre une obligation de moyens et de résultat. Et les députés de la Corse ne doivent pas oublier d’en contrôler l’application. Pour ma part, si je suis élu, j’y veillerai.



4/ Sè vo site elettu à l'Assemblea Naziunale, v'impignerete per un' azzione à prò di a lingua corsa, circhendu soprattuttu à fà mudificà - o ancu fà sparisce- l'articulu 2 di a custituzione ?

Un vogliu micca impone a nostra andatura à tutti i Francesi. Anu u dirittu di sceglie u sò destinu, è noi altri u nostru ! Vulemu che a cunstituzione sia cambiata, ma solu pà mette nentru u statutu di a Corsica, chi deve ricunnosce u populu corsu, a lingua corsa ufficiale è u dirittu à l’autodeterminazione.

Non, car nous n’avons pas vocation à imposer notre modèle à l’ensemble des Français. Nous souhaitons que la constitution soit modifiée pour y inscrire le statut particulier de la Corse, lequel comprendra la reconnaissance du peuple corse, l’officialisation de la langue corse et le droit à l’autodétermination.


5/ Site prontu à zifrà a Cartula di e Lingue minuritarie à u so gradu u più altu ?

Ghjè u minimu ! Mà ci vole à esse attenti : hè un azzione impurtante in quantu hè simbolica mà ùn purterà nisun obbligu per a Francia.

C’est le moindre que l’on puisse faire. C’est un symbole, mais cela ne crée pas véritablement d’obligation pour la France.

Réponse de Corsica Libera

La question de la langue corse est au cœur du projet de société que nous défendons. Elle fait l’objet d’un chapitre spécifique dans notre projet Corsica 21 dont une nouvelle version réactualisée vient d’être publiée. Afin d’être clairs quant à nos intentions en ce domaine, nous vous le transmettons ci-dessous avant de répondre succinctement à chacune de vos questions.

Corsica 21 - Langue corse

Depuis la prise de conscience initiée par le « Riacquistu » des années 1970 les Corses ont des représentations plus positives de leur langue, celle-ci a investi des interstices de l'espace public qui lui étaient autrefois totalement proscrits mais en dépit de ces progrès que l'on peut mettre à l'actif des combats de notre famille politique et de la créativité de nos artistes, le dispositif juridique actuellement en vigueur confine les pouvoirs d'interventionnisme linguistique de la CTC à du replâtrage alors même que les politiques publiques devraient d'abord procéder au gros œuvre.

Des fondations juridiques pour l’édifice linguistique
Le chantier doit démarrer avec une révision constitutionnelle permettant au corse d'être une langue officielle sur l'ensemble du territoire de notre île. Partout ailleurs en Europe, les politiques de revitalisation linguistique reposent sur ces fondations juridiques qui sécurisent l'ensemble de l'édifice linguistique, politique et culturel entrepris.

Notre rôle de précurseur et de rassembleur
A cet égard, nous sommes fiers d'avoir déposé la motion en faveur de la coofficialité du corse et du français, adoptée par 39 conseillers territoriaux en juillet 2011. Cela prouve à la fois l'utilité de notre formation politique qui est à l'origine de mesures importantes, mais aussi notre sens des responsabilités car si de façon générale nous recherchons le consensus autour de nos propositions, nous sommes encore plus sensibles à cela dans le domaine de la langue. Ce vote pour l'heure symbolique a enclenché la rédaction d'une proposition de statut de coofficialité sur laquelle nous travaillons activement. Rappelons ici quels sont les conséquences de cette mesure sur la pratique de la langue corse. Il s'agit d'une part, de donner des droits aux locuteurs de façon à ce qu'ils puissent l'utiliser dans tous les domaines de la vie privée et publique et d'autre part de donner des devoirs et des moyens aux institutions publiques et privées de l'île de façon à offrir des opportunités d'usage à tous les corsophones. La coofficialité a des répercussions transversales puisqu'elle se décline selon diverses mesures dans l'éducation, les médias, les services publics, les entreprises, la justice... Le retard de nos politiques publiques de revitalisation linguistique est à la fois une menace pour notre langue eu égard à son classement par l'UNESCO, mais il peut apparaître également comme une opportunité eu égard à l'expérience acquise dans d'autres Etats indépendants ou régions de l'UE. Le point commun de ces situations, c'est que la langue est un vecteur de cohésion sociale. Contrairement aux religions qui sont exclusives les unes des autres car on ne peut en avoir plus d’une, les langues sont des continuums, des sources de stimulation cognitive, d'échanges culturels et de prospérité économique.

Officialisation et enseignement
L'enseignement et la formation sont les principaux vecteurs de la reconquête. Si de nombreux progrès ont été enregistrés en la matière, de nombreux progrès restent à faire tant que l'ensemble d'une classe d'âge ne sortira pas de la scolarité obligatoire sans disposer d'un niveau B21 permettant d'engager une conversation courante. Cela constitue le préalable à la normalisation de l’usage de notre langue dans la vie quotidienne. L’objectif est de conduire les locuteurs à faire en sorte que l’usage normal du corse ne soit ni militant, ni passéiste, ni volontariste, ni belliqueux, ni affecté, ni institutionnaliste, mais quotidien, impensé, transparent, généreux, courant et légitime, c’est-à-dire normal.

L’état de la langue ou pourquoi délier l’Etat de la langue
A ce jour, si l’UNESCO classe le corse parmi les langues très menacées, nul ne connaît avec précision l'état des compétences des élèves à l'issue de leur scolarité. L’Ecole forme-t-elle des corsophones ? N'est-il pas dans l'intérêt de l'Etat de ne pas réaliser d'évaluations de cet enseignement? Existe-t-il un autre domaine dans lequel les politiques publiques ne sont pas évaluées? En ce domaine, à l'évidente incurie de l'Etat répond le replâtrage opéré par la CTC et les dotations qu'elle octroie aux écoles, aux collèges et aux lycées. La politique linguistique de la CTC et les différentes contractualisations, notamment dans le domaine de l'éducation ne doivent pas pallier les lacunes de l'Etat ou des communes. Qu'en est-il également des politiques de formation initiales et continues de l'Etat? Plus de dix ans après la première session du concours spécifique de recrutement des professeurs des écoles, non seulement le nombre de professeurs des écoles monolingues est toujours supérieur au nombre de professeurs des écoles bilingues, mais encore, il est en croissance constante. Le droit à l'expérimentation pédagogique est lui aussi soumis à des idéologies d'un autre âge. Pourquoi l'enseignement par immersion pratiqué ailleurs en Europe et dans des écoles privées, doit-il être encore interdit d'expérimentation? Combien de temps encore les formations de langue corse ne permettront-elles pas de donner d’entières compétences linguistiques aux candidats afin de basculer vers un concours unique bi/plurilingue de recrutement des professeurs des écoles ?

Dans le secondaire, en l'absence de directives claires aux chefs d'établissements, la création des filières se heurte au bon vouloir de ces derniers et à la mobilisation des familles. L'absence d'agrégation ouverte aux professeurs de corse et aux étudiants de l'IUFM apparait comme une discrimination à l'égard de notre langue et des fonctionnaires qui l'enseignent. Le refus d'intégrer le corse au dispositif du CLES lui donne moins de reconnaissance et de droits que les langues étrangères.

Un seul architecte
Dans ce contexte, comment peut-on continuer de croire en la sincérité de l'Etat? Depuis le statut Joxe, l’Etat contractualise la politique linguistique avec la CTC. Si au nom du rattrapage historique l’Etat doit accroitre ses efforts financiers en ce domaine, seule la CTC doit disposer de la maîtrise d’œuvre afin qu’à la fragmentation du pouvoir décisionnel et à la déresponsabilisation, succède une plus grande visibilité et efficacité des leviers. Cela interdira les injonctions institutionnelles contradictoires, dénouera les blocages actuels et réorientera les forces d’inertie. Seul un transfert de l’ensemble des compétences à la CTC du bloc Education-Formation et des secteurs touchés par la politique de revitalisation linguistique peut permettre d’inverser la tendance au déclin de la pratique globale dont le dispositif actuel a montré ses insuffisances.

Une langue inclusive
Par ailleurs, eu égard au statut du corse dans l’enseignement et des moyens qui lui sont concédés, nous observons à la fois une discrimination des professeurs de corse n’ayant pas accès à l’agrégation, une discrimination de la matière vis-à-vis des langues étrangères qui disposent d’un statut plus favorable dans le secondaire et le supérieur, ainsi qu’une ségrégation des publics scolaires car le manque de ressources humaines formées à l’enseignement bilingue limite l’offre scolaire, ce qui induit des processus d’évitement de certains publics et de différenciation des parcours scolaires au sein même de la scolarité obligatoire. Si aujourd’hui, les résultats des élèves aux évaluations nationales montrent de façon constante l’effet positif de l’enseignement bilingue sur les résultats scolaires, il ne s’agit pas de faire de l’enseignement bilingue un ghetto de classes élitistes, blanches et chrétiennes. Dans certaines écoles, la filiarisation a conduit à l’orientation de tous les élèves d’origine étrangère dans les classes standards. N’est-ce pas là le meilleur moyen d’instrumentaliser, de sédimenter et d’institutionnaliser leur origine culturelle ou ethnique ? Au contraire de ces mouvements observés dans l’espace scolaire, l’Ecole doit brasser et intégrer les élèves. C’est un moyen permettant l’inclusion de tous et la réussite scolaire de chacun. D'un point de vue didactique, il est bénéfique pour tous de croiser les populations d'origines culturelles différentes. Par exemple, les enfants d'origine portugaise, qui sont généralement déjà bilingues (français - portugais) se retrouvent dans la filière standard. Pourtant, ils pourraient beaucoup apporter aux classes bilingues, notamment du point de vue métalinguistique (réflexion sur la construction syntaxique, lexicale et morphologique des langues), ce qui au surplus les valoriserait eux-mêmes. Si cela se pratique déjà dans les classes les plus innovantes, il nous faut mieux accompagner ces bonnes pratiques. Alors que l'on voit se développer des programmes culturels avec l'extérieur de la Corse, intéressants au demeurant, il est paradoxal de ne pas mettre davantage en valeur la diversité culturelle d'ores et déjà présente sur l'île, avec comme ciment la langue du peuple d'accueil, à savoir le corse. Notre vision de l’Ecole et de la langue s’inscrit à rebours de ce dispositif ethnicisant et ségrégatif générateur de frustrations et de rejet. Au contraire, parce que la langue est une compétence qui peut s’acquérir tout au long de la vie et parce que la langue est le vecteur d’un lien affectif fort avec notre pays, notre discours sur la langue est inclusif. En ce qui concerne les nouveaux arrivants, cet enseignement ne doit pas être considéré comme une contrainte mais au contraire comme un droit, celui de vivre la société corse comme les Corses d'origine, car on sait que la langue est un puissant facteur d'intégration. Nous souhaitons inscrire dans le statut de la Corse le droit à l’apprentissage de notre langue et l’obligation pour nos institutions de s’acquitter de ce devoir à l’égard de toute personne vivant en Corse ou souhaitant y vivre, jusqu’à ce qu’elle obtienne au moins un niveau B2. Si tant est que l‘on s’en donne les moyens, notre langue pourra participer au raffermissement de la cohésion sociale en Corse, mais aussi, par les continuités et les contiguïtés qu’elles porte via ses parentés en Méditerranée, l’intelligence de la langue est un gage d’ouverture, de paix et de prospérité.

Développer la langue corse dans la société

Développer les médias en langue corse
Considérant la priorité donné à la langue corse dans le développement économique et culturel de l’île, il est naturel que les médias publiques deviennent monolingues, comme cela existe au Pays de Galles, ou bien en Catalogne et au Pays Basque. Cela se motive à la fois par les objectifs inhérents à la politique de revitalisation linguistique, mais aussi au regard de l’offre médiatique. Quiconque souhaitant disposer d’informations ou de divertissements en français est libre de se diriger vers d’autres services, ce qui est impossible pour le corse. Il s’agit là d’une péréquation du temps d’antenne. Au-delà de la nécessité d’équiper la langue et de produire des dictionnaires, traducteurs, manuels et méthodes d’apprentissage innovantes, gratuites et disponibles sur différents supports, la CTC doit soutenir et impulser l’adaptation des logiciels, moteurs de recherche et applications d’usage courant en langue corse en proposant une programmation pluriannuelle et en soutenant la création d’entreprise nouvelle ou le développement d’entreprises existantes en partenariat avec l’Université et l’ADEC.
Développer les opportunités d’usage dans la vie publique

C’est parce que l’enseignement est le pilier de la politique de revitalisation linguistique que l’on a parfois tendance à imaginer que l’enseignement de la langue corse suffit à soustraire la menace et développer ultérieurement son usage dans la vie publique. Il s’agit en réalité d’une méprise importante et si en dépit des a priori, il est aisé de porter quiconque vers une bonne maîtrise de quelque langue que ce soit2, il est plus difficile de faire en sorte que son usage devienne naturel et spontané.

C’est à la pratique normalisée dans la vie publique que l’on mesure l’efficacité des politiques publiques. Cela prend certes du temps, mais les expériences basques, catalanes et galloises pour ne citer qu’elles ne sont pas sans intérêt. Il apparaît en premier lieu que les institutions publiques ne peuvent à elles seules redynamiser un environnement linguistique. Elles impulsent les politiques publiques et c’est par leur détermination et leurs moyens qu’elles acquièrent de la crédibilité et de l’efficacité. A ce sujet, la démarche visant à promouvoir la Charte de la langue corse manque de visibilité avec moins de 100 signataires en 5 ans alors même que toutes les institutions publiques et privées de l’île sont susceptibles de la signer ! Parmi les signataires, combien appliquent réellement leurs engagements ? À quel niveau ? Sont-ils suivis, accompagnés et contrôlés ? Où en est le projet de création des Case di a lingua ? S’il a fallu 5 ans pour ouvrir une Casa, faudra-t-il attendre encore 50 ans et l’an 2062 pour aboutir à l’installation des 10 Case prévues par le Plan 2007-2013 ?

Ce bref panorama de la situation du corse montre à la fois combien sont importantes les menaces et les discriminations qui pèsent au quotidien sur notre langue, mais également les enjeux et les opportunités qui s’offrent à nous dans les mois et les années à venir. Pour l’heure, tout reste possible et nul ne peut présager de l’avenir de notre langue. Pour peu que chacun apporte sa contribution à cette entreprise collective, ce bien immatériel par lequel les Corses s’identifient, se représentent et se projettent pourra non seulement être sauvé, mais plus encore, participer par l’épanouissement de notre peuple.

Question posées par l’AILCC
1. Vous prononcez-vous pour un statut de co-officialité de la langue corse ?
C’est à l’initiative d’une motion déposée par Corsica Libera que l’assemblée de Corse s’est prononcée en faveur de la coofficialité de la langue corse. Nous y sommes très attachés. Il s’agissait de l’une de nos 5 priorités lors de notre candidature en 2010. Pour ces élections législatives, l’élection d’un député de Corsica Libera permettra de relayer cette revendication au Parlement afin qu’il vote en faveur d’une révision constitutionnelle.

2. Etes-vous favorable à l’application de la feuille de route concernant la langue corse récemment proposée à l’Assemblée Territoriale de Corse et votée à une très large majorité par celle-ci ?
La feuille de route présentée en juillet 2011 n’a pas été soumise au vote des élus. Seule la motion déposée par Corsica libera au sujet de la coofficialité a été adoptée par une très large majorité.


3. Si ce n’est le cas, vous prononcez-vous pour une généralisation de filières bilingues dans le cadre de l’Education Nationale et, si oui, quels moyens envisagez-vous de mettre en œuvre pour y parvenir ?
--

4. Quelles actions comptez-vous mener en faveur de notre langue si vous êtes élu à l’Assemblée Nationale ? Comptez-vous œuvrer, notamment, pour que soit amendé - voire supprimé - l’article 2 de la constitution qui empêche toute évolution significative ?
Nous y avons largement répondu ci-dessus. Notre engagement depuis de nombreuses années sur ce sujet atteste de son caractère fondamental et prioritaire.


5. Etes-vous prêt à signer la charte des langues minoritaires à son degré le plus élevé ?
Nous ne voyons aucun obstacle à la ratification de cette Charte dont la France a signée quelques articles depuis près de 15 ans. Néanmoins, l’apparition de nouveaux espaces d’expression datent ce cadre juridique qui a aujourd’hui 20 ans. Il nous appartient donc d’en élaborer un nouveau plus pertinent qui tienne véritablement compte de la réalité langagière contemporaine afin de donner aux corsophones et à ceux qui aujourd’hui ne le sont pas, les compétences linguistiques, les moyens juridiques ainsi que les opportunités d’expression, de s’exprimer en langue corse dans toutes les situations de la vie privée et publique.

Réponse de Femu A Corsica
 
1. Vous prononcez-vous pour un statut de coofficialité de la langue corse ?
 
Pour Femu a Corsica, l’obtention de ce statut est une priorité absolue. Il est évident que seul un statut de coofficialité est en mesure de conférer à la langue corse les moyens juridiques et techniques de sa pleine revitalisation. Prétendre le contraire, c’est faire preuve soit d’hypocrisie, soit d’incompétence, à moins qu’il ne s’agisse tout simplement de franche hostilité. Plusieurs expériences engagées dans bien des régions d’Europe ont démontré l’efficacité de dispositifs désormais bien rôdés, tant au niveau de l’enseignement qu’au sein des médias et de la société. Il est grand temps de s’engager résolument sur des voies similaires. Outre le fait que toute langue soit le ciment de l’identité locale, elle est richesse et patrimoine de l’humanité et à ce titre doit être préservée au nom de l’écologie culturelle. Par ailleurs le corse, langue latine, donne accès à des ensembles linguistiques plus vastes, notamment à travers l’espagnol, qui représentent des centaines de millions de locuteurs dans le monde. Le corse est, de surcroît, un puissant vecteur d’intégration et de cohésion sociale. Les pays qui ont réussi dans leur politique linguistique sont ceux qui ont choisi une forte intervention des pouvoirs publics. La reconnaissance statutaire permettra la mise en place d’un certain nombre de mesures concernant notamment la formation des hommes, une formation offerte à tous, garante de l’équité. Loin d’être discriminatoire cette coofficialité permettra l’accès pour tous à la langue corse. Véritable trésor culturel, le corse ne sera plus réservé à quelques privilégiés mais largement partagé, véhiculé, il contribuera à l’épanouissement individuel et collectif de toute personne vivant sur cette terre de Corse.
 
2. Etes-vous favorable à l’application de la feuille de route concernant la langue corse récemment proposée à l’Assemblée Territoriale de Corse et votée à une très large majorité par celle-ci ?
 
Cette feuille de route doit pouvoir marquer une étape essentielle du processus de reconquête linguistique et culturelle. En ce sens, elle interpelle l’Etat sur la nécessité de modification constitutionnelle qui vient donner un sens à tout le dispositif décrit. Nous nous félicitons de travailler enfin sur un document qui est le fruit d’une revendication historique que nous portons depuis longtemps, renforcé par la représentativité politique de notre groupe à l’Assemblée de Corse. Le constat est alarmant et démontre l’inefficacité des plans et mesures antérieurs. Depuis plus de 30 ans, toutes les politiques incitatives basées sur le volontariat n’ont pas permis d’endiguer la baisse des locuteurs et de promouvoir de manière significative l’essor linguistique de notre langue. Le dernier plan de développement de la langue corse voté en 2005 n’a pas permis d’atteindre les objectifs visés, justement par manque de clarté législative. Le projet de « statut de coofficialité et de revitalisation de la langue corse » actuellement en discussion au sein des instances de la CTC constitue donc une base intéressante, parce qu’il synthétise plusieurs propositions, travaux antérieurs et autres mesures déjà appliqués dans d’autres contextes européens ; on peut d’ailleurs citer les exemples de la Catalogne, du Pays basque, du Pays de Galles ou du Val d’Aoste. Pour l’heure, ce projet de statut fait l’objet de débats techniques qui demandent concertation et pédagogie. Il doit associer le plus grand nombre d’acteurs avant d’être porté par un large consensus, seul garant de vraie réussite. A cet effet, il convient donc d’élargir la discussion, sans exclusive, afin de mettre en perspective des assises de la langue, et ce pour aboutir à un projet concerté et partagé par tous les Corses. Nous serons néanmoins vigilants à ce que les frilosités locales, les irréductibles réactionnaires et la sacrosainte tradition jacobine, symbolisée par son cerbère du Conseil constitutionnel, ne les vident de sa substance.
 
3. Si ce n’est le cas, vous prononcez-vous pour une généralisation de filières bilingues dans le cadre de l’Education Nationale et, si oui, quels moyens envisagez-vous de mettre en œuvre pour y parvenir ?
 
4. Quelles actions comptez-vous mener en faveur de notre langue si vous êtes élu à l’Assemblée Nationale ? Comptez-vous œuvrer, notamment, pour que soit amendé - voire supprimé - l’article 2 de la constitution qui empêche toute évolution significative ?
 
Durant notre campagne, nous avons répété le rôle conféré au député: il doit porter à Paris les intérêts de la Corse et militer pour une réforme constitutionnelle. Celle-ci devra intégrer les problématiques de la langue, du foncier, de la prorogation de l’arrêté Miot et dans la foulée poser la question de l’évolution du statut de l’île. Sur le strict plan qui concerne ce fameux article 2, des velléités passées ont révélé, si besoin en était, l’énorme difficulté qui existe à réformer l’indécrottable système centralisateur et conservateur que constituent les institutions de la France, lanterne rouge de la démocratie linguistique en Europe. Victimes de leurs querelles et concurrences internes, ces intergroupes de députés n’ont pu dégager la cohésion nécessaire à la moindre avancée probante. Seuls des élus issus de rangs nationalistes seront aptes à faire entendre leur voix au sein de l’hémicycle, mais encore plus sûrement en attirant l’attention de l’opinion européenne sur ce que l’on peut appeler « l’autre exception française. » L’article 2, quant à lui, rajouté à la sauvette et en catimini nocturne à la constitution, représente un écueil incontournable en l’état. Il faudra le dépasser, d’une manière ou d’une autre. Depuis plus de 200 ans la France confond volontairement unité nationale et unicité linguistique. Les élus nationalistes que nous sommes n’auront de cesse à convaincre que l’heure du véritable changement a sonné et que la France pays de droits de l’homme doit rejoindre les 70% des autres pays du monde où bilinguisme et plurilinguisme sont institués de façon plus que naturelle.
 
5. Etes-vous prêt à signer la charte des langues minoritaires à son degré le plus élevé ?
 
Une coofficialité sur le territoire de Corse serait à nos yeux la meilleure garantie pour l’épanouissement de notre langue et de notre culture. L’opinion insulaire est aujourd’hui mûre et prête à cette urgente et indispensable évolution. Nonobstant, la charte des langues minoritaires constituerait un appui non négligeable. Son application la plus large confère en effet à certaines langues régionales d’Europe des prérogatives solides et un statut, en l’espèce, fort enviable. Encore une fois, il nous apparait clairement que seule la conjonction d’une réelle volonté locale et d’un effort de réforme au niveau des instances de la France soient aptes à débloquer définitivement la situation. En cela, l’aide de l’Europe ne sera certainement pas de trop et nous comptons sur l’action de notre député européen qui, encore une fois, peut contribuer à renforcer notre cause.

Rédigé le Dimanche 10 Juin 2012 | {0} Commentaires

In u quatru di a campagna eletturale per e Legislative à vene, l'Associu hà decisu di pone cinque dumande à i candidati, cuncernendu a so pulitica à prò di a lingua corsa.


Dumande à i candidati à l'elezzione legislative
Sapendu chì u statu di a lingua corsa cunnosce oghje una vera caliata, soprattuttu indè e generazioni più giovane, è chì u so insignamentu in u quatru di l’Educazione Naziunale ùn permette nè u so spannamentu nè mancu a so salvezza, partendu da u fattu chì, s’ellu si mittissi in opera una vera pulitica linguistica dinamica, ùn si staria tantu à ottene risultati ottimi digià custatati in parechji rughjoni eurupei, l’Associu di l’Insignanti di/in Lingua è Cultura Corse vulerebbe interpellà i candidati à l’elezzioni legislative, da ottene, nanzu à u primu giru, risposte chjare in quantu à u so pusiziunamentu di pettu à stu sugettu maiò è di primura per tutta a sucetà isulana.

1/ Site à favore di a coofizialità ?

2/ Site per l'appiicazione intera è sana di u prugettu purtatu da a CTC (foglia di rotta, pruposta di statutu per a cuufizialità, travagliu di a cummissione di e lege...) ?

3/ Ch'o sinnò, site per a generalizazione di e filiere bislingue in i stabilimenti sculari ? Tandu chì mezi cuntate di mette in motu da tuccà st’ogettivu ?

4/ Sè vo site elettu à l'Assemblea Naziunale, v'impignerete per un' azzione à prò di a lingua corsa, circhendu soprattuttu à fà mudificà -o ancu supprime- l'articulu 2 di a custituzione ?

5/ Site prontu à zifrà a Cartula di e Lingue minuritarie à u so gradu u più altu ?


E risposte chì ci parveneranu seranu publicate nant'à u nostru situ è seranu palisate à l'opinione publica.




QUESTIONS AUX CANDIDATS AUX ELECTIONS LEGISLATIVES DE JUIN 2012

Partant du constat que la langue corse dans notre île connaît aujourd’hui une inquiétante érosion, particulièrement au sein des jeunes générations et que son enseignement dans le cadre de l’Education Nationale ne permet ni son épanouissement ni même sa sauvegarde ; partant du constat que toutefois, si l’on venait à promouvoir une politique linguistique dynamique, des résultats probants, déjà constatées dans nombre de régions européennes ne manqueraient pas d’intervenir, l’Associu di l’Insignanti di/in Lingua è Cultura Corsa souhaite interpeller les candidats aux prochaines élections législatives afin d’obtenir, avant le premier tour, les nécessaires éclaircissements quant à leur positionnement à l’égard d’un sujet central, omniprésent dans les préoccupations insulaires.

1. Vous prononcez-vous pour un statut de co-officialité de la langue corse ?

2. Etes-vous favorable à l’application de la feuille de route concernant la langue corse récemment proposée à l’Assemblée Territoriale de Corse et votée à une très large majorité par celle-ci ?

3. Si ce n’est le cas, vous prononcez-vous pour une généralisation de filières bilingues dans le cadre de l’Education Nationale et, si oui, quels moyens envisagez-vous de mettre en œuvre pour y parvenir ?

4. Quelles actions comptez-vous mener en faveur de notre langue si vous êtes élu à l’Assemblée Nationale ? Comptez-vous œuvrer, notamment, pour que soit amendé - voire supprimé - l’article 2 de la constitution qui empêche toute évolution significative ?

5. Etes-vous prêt à signer la charte des langues minoritaires à son degré le plus élevé ?

L’AILCC, ainsi que tout un chacun, jugera les positions en présence à l’aune des éventuelles réponses publiques qui seront formulées par les candidats.

Rédigé le Dimanche 3 Juin 2012 | {0} Commentaires
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Rédigé le Mercredi 25 Janvier 2012 | {0} Commentaires
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