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  <title>AILCC : Associu di l'Insignanti di/in Lingua è Cultura Corsa, enseignement de la langue corse, lingua corsa, enseignants langue corse</title>
  <description><![CDATA[AILCC : Associu di l'Insignanti di/in Lingua è Cultura Corsa, langue corse, enseignement du corse, lingua corsa]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2013-05-23T04:46:21+02:00</dc:date>
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   <title>Intervista di Petru Ghionga</title>
   <pubDate>Wed, 01 Aug 2012 21:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>admin.</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Rivista di stampa]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Nant'à u situ Corse Net Infos Petru Ghionga face u puntu nant'à u so prugettu di cuuficialità ch'ellu porta à a CTC.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.ailcc.net/photo/art/default/4585031-6865679.jpg" alt="Intervista di Petru Ghionga" title="Intervista di Petru Ghionga" />
     </div>
     <div>
      <strong>Le projet de coofficialité de la langue corse, en cours d’élaboration à la CTC, n’en finit pas de provoquer passions et polémiques sur fond de manœuvres politiciennes. Ce que n’apprécie pas, son rédacteur, le Conseiller exécutif Pierre Ghionga, président du Conseil pour la langue corse, qui exprime son incompréhension devant cette frilosité à sauver a lingua nustrale, déclarée «&nbsp;en grand danger&nbsp;» par l’Unesco. Il explique, à Corse Net Infos, les grandes lignes du projet, qui sera dévoilé en septembre, et répond à tous les points qui font débat.</strong> <br />   <br />  <strong>- Pouvez-vous nous éclairer sur la polémique entourant ce projet de coofficialité ?</strong> <br />  - J’ai présenté, en 2011, une feuille de route sur notre action en faveur de la langue corse pour la mandature. A l’intérieur de ce document qui parle de la charte des langues régionales, de l’enseignement, de la toponymie.., se trouvait le volet le plus polémique concernant le statut de coofficialité de la langue. En décembre 2011, une motion demandant la coofficialité a été votée, à la CTC, par 38 voix pour, une abstention, mais pas de vote contre. Donc, avec l’accord du président de l’exécutif, j’ai décidé de traduire cette motion en un texte définissant le statut de coofficialité territorial de la langue corse. Nous avons créé un comité de rédaction composé de représentants de tous les groupes politiques pour y travailler. Nous avons rédigé un texte assez maximaliste qui était appelé à évoluer. Avant les élections législatives, certains élus, dans le but de nuire à la majorité territoriale et à Paul Giacobbi en particulier, ont fait sortir ce texte pour effrayer les syndicats. <br />   <br />  <strong>- Que pensez-vous de la réaction violente de certains syndicats enseignants contre votre projet&nbsp;?</strong> <br />  - Après ces fuites, des syndicats sont venus me voir en m’accusant de tout et de n’importe quoi. J’ai toujours refusé de répondre parce que ce travail n’est pas encore terminé. Je veux bien être jugé, condamné, fusillé, mais sur un travail que j’aurais finalisé et présenté. Là, ce n’est pas le cas. C’est pour cela que je ne réponds pas ou je réponds toujours un peu à côté pour ne pas laisser éclater ma colère. <br />   <br />  <strong>-&nbsp;Qu’avez-vous décidé de faire&nbsp;?</strong> <br />  - Vue la manière dont les choses se sont passées, j’ai décidé, avec l’accord du président Giacobbi, de ne plus réunir le comité de pilotage. Je considère qu’il a fini son travail. Je finalise le texte avec l’appui de mes services en demandant l’avis d’un cabinet juridique spécialisé. En septembre, ce texte sera présenté au Conseil exécutif qui l’adoptera ou pas. S’il est adopté, il sera, ensuite, présenté pour avis aux commissions de la CTC, au Conseil économique et social, aux universitaires et au Conseil de la langue corse. <br />   <br />  <strong>- Qu’est-ce que ce Conseil de la langue corse ?</strong> <br />  - C’est un conseil, tout juste nommé, qui est l’équivalent de l’Académie française. C’est l’instance chargée de normaliser la langue corse, de dire la norme en matière de langue. Ce travail n’a jamais été fait. Il aura pour prérogative de respecter le caractère et la diversité polynomiques. Il est hors de question d’imposer le corse du Nord par rapport au corse du Sud et vice-versa. Les deux possibilités existeront pour les traductions. <br />   <br />  <strong>- Qui compose ce Conseil ?</strong> <br />  - Il est composé&nbsp;de 50 membres&nbsp;: des universitaires, des experts et des gens de la société civile. Seront conviés des invités extérieurs, notamment des membres de l’Académie française, catalane et basque. Trois académiciens ont déjà donné leur accord pour y participer&nbsp;: Jean D’Ormesson, Jean-Marie Rouart et Marc Fumaroli. Ce Conseil se réunira, pour la première fois, fin septembre/début octobre à Corte. <br />   <br />  <strong>- Pourquoi faire appel à&nbsp;des académiciens extérieurs&nbsp;?</strong> <br />  - Nous avons besoin de confronter notre expérience de la langue corse à d’autres expériences d’autres langues. Les académiciens, qui fixent les mots, ont peut-être une méthode à nous apprendre ou des conseils à nous donner. Nous sommes preneurs. <br />   <br />  <strong>- Quel rôle joue le Conseil économique et social par rapport à la langue&nbsp;?</strong> <br />  - Il représente la société civile corse. Il est normal que ce texte, qui soulève des passions, soit transmis à la société corse. Il ne faut surtout pas faire l’erreur de le politiser. Je le dis clairement&nbsp;: quand je défends la coofficialité de la langue corse, je ne m’oppose pas à la France, au contraire&nbsp;! Ma vision de la République française s’apparente à celle que j’ai lue, dans un article d’Edgar Morin, qui disait&nbsp;: «&nbsp;République une et indivisible, oui, mais multiculturelle&nbsp;». La France s’honorerait et se renforcerait à reconnaître toutes ses diversités. <br />   <br />  <strong>- Sur quels principes, élaborez-vous le texte sur la coofficialité&nbsp;?</strong> <br />  - La coofficialité signifie les mêmes droits pour le français et pour le corse dans tous les actes de la vie quotidienne. Je veux changer l’image de la langue corse, la sortir d’un ghetto culturel ou cultureux, qu’elle se réapproprie tous les pans de l’activité humaine, qu’elle soit la langue du travail, du plaisir, du loisir, etc… au même titre que le français. J’ai fait une conférence sur l’intérêt, pour une région comme la nôtre, de mettre en avant une langue et une culture spécifiques. C’est un atout dans le développement économique. Si demain, la Corse n’est que la Côte d’Azur à 180 kms plus loin en bateau, elle va perdre de son attrait. <br />   <br />  <strong>- Que proposez-vous au niveau de l’enseignement&nbsp;?</strong> <br />  - Nous sommes pour un enseignement bilingue généralisé, de la maternelle à&nbsp;l’université.&nbsp;Le corse fera partie du socle obligatoire de connaissances des élèves. Mais, progressivement, comme dans tous les endroits où il y a coofficialité&nbsp;! Le Pays de Galles, qui a fait de grands efforts pour mettre le gallois en avant, ne se pose pas la question de savoir s’il va être indépendant de la Grande Bretagne. Il n’y a qu’en France que l’allusion à la langue pose des problèmes d’appartenance à une communauté. Je ne comprends pas la frilosité de certains sur cette problématique. <br />   <br />  <strong>- Les enseignants se sont émus de leur intégration au sein de la CTC. Quelle est votre position&nbsp;?</strong> <br />  - L’idéal serait le transfert de la compétence éducative à&nbsp;la CTC. Mais l’éducation nationale représente, dans l’île, 4500 personnes. La CTC, qui emploie 2000 personnes, ne peut pas, d’emblée, absorber une aussi grosse structure. Aurions-nous la garantie du transfert total des fonds salariaux&nbsp;? C’est, peut-être, un objectif à 20 ou 30 ans, mais qui, pour l’instant, n’est pas réalisable. Si, sur le principe du bilinguisme, la CTC avait son mot à dire sur la définition de la carte scolaire et le contenu des programmes, ce serait déjà une étape importante. <br />   <br />  <strong>- Y aura-t-il discrimination à l’embauche pour les&nbsp;fonctionnaires ?</strong> <br />  - Il n’y aura pas de discrimination à&nbsp;l’embauche. Un fonctionnaire, en Corse, ne sera pas obligé&nbsp;de parler corse. Mais, chaque administration, chaque fonction publique qu’elle soit d’Etat, territoriale ou hospitalière, devra mettre en place un plan de formation et de promotion de la langue. Pour que le poste soit définitivement acquis dans l’île, il faudra après 4 ou 5 ans acquérir un niveau de langue corse qui sera pris en compte dans la progression de carrière. Comme en Catalogne où les fonctionnaires ont 6 ans pour maîtriser la langue. Il ne me paraît pas scandaleux d’énoncer ces principes&nbsp;! <br />   <br />  <strong>- Avez-vous d’autres axes de travail&nbsp;?</strong> <br />  - Oui. La toponymie, par exemple. Le nom officiel devrait être le nom corse, mais les villes ou les villages, qui veulent garder leur nom toscan, le pourront. C’est un peu provocateur de dire ça, mais ceux qui sont contre la langue corse défendent le toscan, pas le français&nbsp;! Ajaccio n’est un nom, ni français, ni corse, mais italien. On a pris les cartes de l’époque génoise et on a imposé les noms génois comme toponymie officielle. Si on veut aller au bout de la logique, il faut traduire Ajaccio en français. Porto Vecchio, en français, se dit Port Vieux&nbsp;! Défendre le nom Porto Vecchio, c’est défendre le toscan ou le génois&nbsp;! <br />   <br />  <strong>- Dans les médias, y aura-t-il un quota en langue corse&nbsp;?</strong> <br />  - Il sera difficile de l’imposer, mais les médias doivent, aussi, s’orienter vers le bilinguisme. Ce qui est loin d’être le cas, actuellement, même quand nous avons des conventions avec eux. Viastella devrait faire 50 % de ses programmes en corse, elle en est loin&nbsp;! Mais si la société devient bilingue, la presse, et même la presse écrite,&nbsp;suivra naturellement. <br />   <br />  <strong>- Combien y-a-t-il de locuteurs qui parlent corse&nbsp;?</strong> <br />  - On ne sait pas. Les estimations les plus sérieuses tablent sur 70 000 corsophones. On va lancer une enquête sociolinguistique, en octobre, pour avoir une idée plus précise. A mon avis, il est urgent d’engager des actions précises sinon, dans dix ans, ce nombre va rapidement décroître. Je prends un exemple. Je suis élu dans deux collectivités. Au Conseil général où je fais partie des plus jeunes, 100 % des élus parlent corse. A la CTC où la moyenne d’âge est bien moins élevée, seuls, au grand maximum, 60 % des élus maîtrisent le corse. <br />   <br />  <strong>- Quel est le calendrier&nbsp;prévu pour le texte sur la coofficialité ?</strong> <br />  - Il sera présenté à l’Assemblée d’ici à la fin de l’année. S’il est adopté, il sera intégré au package de demandes de modification constitutionnelle (foncier, fiscalité…) qui sera transmis par la Commission Chaubon. Tout ce que je viens d’énoncer est anticonstitutionnel et exige obligatoirement une modification de la Constitution et une redéfinition de la place de la Corse dans la République française. Ce qui n’est pas une exclusion de la Corse de la République française&nbsp;! Je rappelle que d’autres régions ont des statuts particuliers qui ne posent pas problème. La Nouvelle Calédonie avec son statut d’autonomie ou l’Alsace et ses curés payés par un Etat laïc ne choque personne&nbsp;! De nombreux dispositifs peuvent être adaptés. La France ne perdra pas grand chose en acceptant que la Corse ait un statut différent. Aucune autre région ne demande le statut de coofficialité territoriale pour sa langue, nous le donner n’ouvrirait pas une boite de pandore qui pourrait faire peur. <br />   <br />  <strong>- Croyez-vous que le gouvernement socialiste y sera favorable&nbsp;?</strong> <br />  - J’ai rencontré&nbsp;Vincent Peillon, ministre de l’Education, à qui j’ai demandé un rendez-vous, je lui ai remis ma feuille de route. Ça ne va pas être facile. Il est important, si on veut aboutir, que le texte soit voté par la plus large majorité à la CTC, au moins par 38 ou 40 voix. <br />   <br />  <strong>- Pourrait-il faire l’unanimité&nbsp;?</strong> <br />  - Je ne sais pas. Certains groupes politiques ont de fortes réticences. Je vais présenter mon travail en disant que je suis fortement convaincu que la coofficialité est le seul moyen de sauver la langue corse. Après, chacun prendra ses responsabilités. Le multilinguisme est une richesse pour l’humanité entière et la fait progresser. Quand l’humanité perd une langue, elle s’appauvrit. Le rêve de l’esperanto, qu’on croyait être un progrès, est, en fait, une régression, une mauvaise uniformisation. Le texte, que je présente, n’est pas un texte ethniciste, uniquement destiné aux Corses. Je crois au peuple corse en tant que communauté de destin. Tous les gens qui viennent vivre ici, quelque soit leur origine, sont corses. La langue corse est un facteur d’intégration et de cohésion sociale, un moyen de fabriquer des citoyens corses et français. <br />   <br />  <strong>Propos recueillis par Nicole MARI <br />  <a class="link" href="http://www.corsenetinfos.fr/2012/07/19/pierre-ghionga-il-ne-faut-surtout-pas-faire-l-erreur-de-politiser-la-langue/#permalink">Corse Net Infos</a> </strong> <br />   <br />  
     </div>
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   <title>L'articulu di Corse-Matin</title>
   <pubDate>Fri, 13 Jul 2012 20:30:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Petru Paulu De Casabianca</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Rivista di stampa]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Esciutu in l'edizione di u 7 lugliu di u 2012.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.ailcc.net/photo/art/default/4511259-6768435.jpg" alt="L'articulu di Corse-Matin" title="L'articulu di Corse-Matin" />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>U testu di a cunferenza di stampa di u 4 di lugliu 2012</title>
   <pubDate>Sat, 07 Jul 2012 16:35:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>admin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Cumunicati]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Eccu u testu chì hè statu datu à a stampa.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.ailcc.net/photo/art/default/4490984-6741060.jpg" alt="U testu di a cunferenza di stampa di u 4 di lugliu 2012" title="U testu di a cunferenza di stampa di u 4 di lugliu 2012" />
     </div>
     <div>
      <div>  	<strong>1/ QUESTIONNAIRE CANDIDATS LEGISLATIVES.</strong></div>  <div>  	&nbsp;</div>  <div>  	Tout d’abord, l’AILCC, comme elle avait annoncé et promis -et déjà realisé sur&nbsp;son site internet-, se devait de rendre compte des réponses qu’elle a reçues suite à son&nbsp;interpellation publique des candidats aux élections legislatives. Nous informons donc&nbsp;l’opinion insulaire que seuls les groupes issus des formations de “Femu a Corsica” et&nbsp;de “Corsica libera” ont détaillé, point par point, leurs engagements réciproques, se déclarant&nbsp;favorables aux quatres initiatives principales qui étaient évoquées dans notre questionnaire.&nbsp;Dont acte.</div>  <div>  	&nbsp;</div>  <div>  	<strong>2/ CONFERENCES SNUIPP ET FSU.</strong></div>  <div>  	&nbsp;</div>  <div>  	En second point, l’Associu souhaite évoquer les prises de position récentes de certains&nbsp;syndicats enseignants vis à vis du projet de coofficialité de la langue corse actuellement en discussion au sein des instances de la CTC. L’AILCC tient à dire qu’elle a été profondément&nbsp;choquée par l’excès, voire la virulence des propos proférés par les syndicats SNUIPP et FSU qui ont pourtant pris en préambule la précaution d’affirmer qu’ils étaient “favorables à la&nbsp;langue corse” (ancu di grazia, ch’o sinnò chì seria statu !)</div>  <div>  	&nbsp;</div>  <div>  	Il est extrèmement curieux que ce soient ceux-là même qui passent leur temps à&nbsp;fustiger les autres en les accusant de “politiser la question de la langue” qui, au moment où elle fait l’objet d’un très grand consensus au sein de la société insulaire et de sa représentation&nbsp;régionale (cf le vote à une large majorité de juillet 2011) tentent éhontément d’en faire un sujet de polémique et de crispation idéologique sur fonds d’enjeux électoraux.</div>  <div>  	&nbsp;</div>  <div>  	Maniant la caricature jusqu’à la provocation, jouant sur les peurs que peut susciter&nbsp;un texte encore au stade de l’avant-projet (mais qui, au sein d’une commission ne comptant que quelques membres, a donc pu organiser ces fuites ?), utilisant des phrases choc telles&nbsp;que : “tous les examens de l’académie seront conditionnés par le corse” ou “l’élève non compétent en langue corse se verra sanctionné”… etc, ils agitent, avec une stratégie désormais&nbsp;éculée, les sempiternels épouvantails de la “discrimination” et de la “mise hors norme du dispositif” pour engendrer des craintes dans l’opinion, monter enseignants et parents entre&nbsp;eux et semer le doute et la confusion. Or, se déclarer favorable à la sauvegarde du corse tout en s’opposant à la coofficialité relève soit du contorsionnisme intégral soit de l’hypocrisie&nbsp;consommée, à moins, plus prosaïquement, qu’il ne s’agisse d’une franche hostilité qui n’ose pas dire son nom ! Quelles sont donc leurs propositions pour épanouir la langue corse si ce&nbsp;n’est par le biais de la coofficialité ? Mystère… Et si, in fine, le véritable but de certaines personnes n’était pas tout simplement d’enrayer la mise en place des mesures vitales, seules&nbsp;capables de sauvegarder notre patrimoine et d’établir un plurilinguisme garant d’ouverture, d’acquis de compétences, d’intégration harmonieuse et de progrès collectif ? Il leur faudra&nbsp;dans ce cas clairement assumer la mort programmée de notre langue.</div>  <div>  	&nbsp;</div>  <div>  	Nous nous en inscrivons en faux contre certains arguments et tenions à y&nbsp;répondre : « la langue corse mérite la concertation plutôt que le passage en catimini » :&nbsp;Ciò ch’ùn ci vole à sente ! Le texte de la CTC a été voté à une large majorité en juillet denier&nbsp;(70% pour, aucun vote contre) ; « on divise la société » : au contraire, on l’unifie autour d’un&nbsp;projet généreux, intégratif et épanouissant, porteur d’une plus-value pour tout apprenant. Les&nbsp;non-corsophones et les nouveaux arrivants pourront se former et parler le corse en 6 ans, ce&nbsp;qui ne les obligera pas pour autant à l’utiliser de manière exclusive ; « mais où va-t-on ? » :&nbsp;nous allons sereinement vers une société ou la langue d’origine, parlée depuis des siècles mais&nbsp;en grand danger, pourrait retrouver une place qui lui permette enfin d’exister, sans porter&nbsp;préjudice à qui que ce soit ; nous allons sereinement vers une compétence plurilingue qui est&nbsp;un atout majeur dans le monde multipolaire d’aujourd’hui ; nous allons sereinement vers un&nbsp;système éducatif capable d’offrir aux élèves de l’académie la maîtrise d’un idiome véhiculaire&nbsp;auprès d’un sixième de l’humanité parlant une langue latine ; « le système va imposer une&nbsp;contraintre » : mais pourquoi diable concevoir systématiquement l’apprentissage du corse&nbsp;comme contraignant et discriminatoire ? Ce projet permettra aux gens qui habitent en Corse&nbsp;de développer en plusieurs années une compétence valorisante. Est-ce que les langues&nbsp;étrangères, l’Histoire-Géo, la philosophie ou toute autre discipline représentent des&nbsp;contraintes ?</div>  <div>  	&nbsp;</div>  <div>  	Dieu merci, nous savons que, même à l’intérieur des organisations mentionnées, nombre d’adhérents ne campent pas sur des positions aussi rétrogrades, dignes des hussards noirs de la République du siècle dernier. Nous tenons à ce propos à affirmer que contrairement à ce que laissaient entendre certains titres de la presse écrite, ce ne sont pas&nbsp;tous “les enseignants” qui sont “mécontents” du projet discuté à l’Assemblée Territoriale aujourd’hui. Il est pour un nombre de plus en plus important d’entre nous l’aboutissement d’années et d’années d’efforts et de patient travail de conviction. Il n’est donc pas question de laisser quelques batteleurs réactionnaires accréditer l’idée que la logique jacobine serait reine au sein du corps enseignant.</div>  <div>  	&nbsp;</div>  <div>  	Pour autant, conscient des manipulations politiques qui sont à l’oeuvre derrière ces intempestives montées au créneau médiatique, l’AILCC a préféré privilégier la pédagogie, l’explication et l’esprit d’ouverture. Ses membres se déclarent prêts à rencontrer les responsables de toute organisation qui le souhaiteraient et à nourrir un débat public&nbsp;d’éléments objectifs et constructifs, en présence de responsables administratifs et politiques impliqués dans le dossier. Plus que jamais, la question de l’enseignement du corse, “langue très menacée” selon l’UNESCO exige sérénité, concertation technique et évolution progressive (à ce sujet, il est totalement irresponsable d’attiser les craintes du personnel non corsophone : la mise en place d’un dispositif bilingue exige des années de planification. Bien des enseignants seront à la retraite avant que n’intervienne le moindre changement dans le déroulement de leur carrière. Quant aux plus jeunes, il auront des années pour acquérir toutes les compétences requises, comme cela s’est déjà vu sous d’autres cieux (cf. les 85% des non catalonophones initiaux qui ont choisi de demeurer dans l’Académie de Catalogne au bout du délai qui leur était imparti en validant leur habilitation.) Le projet actuel de la CTC sur la coofficialité est certainement incomplet, imparfait et amendable ; il peut et doit être discuté et enrichi, mais en tout cas, à nos yeux, il va dans le bon sens et il importe de demeurer dans ce sens. La question d’un éventuel changement de statut du personnel demandant par exemple la plus grande clarté quant aux garanties du maintien des règles qui le régissent actuellement, mais il s’agit là de problèmes techniques qui doivent être débattus au sein d’instances compétentes sur fonds de négociations Région-Etat, en associant le plus grand nombre de partenaires concernés. En conclusion, dépassionner les esprits, mettre enfin en place un dispositif efficace similaire à ce que plus de 40 régions d’Europe ont déjà initié nous apparaît comme une priorité que nous estimons incontournable.</div>  <div>  	&nbsp;</div>  <div>  	<strong>3/ SESSION DE L’ASSEMBLEE DE CORSE</strong></div>  <div>  	&nbsp;</div>  <div>  	A ce titre, la prochaine session de l’Assemblée de Corse se devra, à notre avis, d’aborder la question de la coofficialité. Son contenu et sa mise en place restent intimement&nbsp;liés à la notion de transfert législatif : il faut impérativement avancer de manière significative et rapide si l’on veut se donner les moyens d’une réelle politique. Le statut particulier de la Corse octroie à la Corse un « droit d’expérimentation législative ou réglementaire » qui n’a pas été utilisé jusqu’ici. Les grandes orientations du PADDUC sont donc l’occasion de la mise en application de ce droit y compris dans le domaine linguistique et de l’enseignement. L’avènement d’une nouvelle majorité présidentielle en accord avec les orientations politiques de l’actuel exécutif de la CTC doit donner lieu à une clarification. D’une manière ou d’une autre il va falloir contourner l’écueil d’une anticonstitutionnalité qui, telle qu’elle est&nbsp;actuellement formulée, entrave irrémédiablement toute avancée réelle du dossier. Là aussi, l’AILCC se déclare prête à participer à toute réunion, commission ou instance (dont certaines, soit dit en passant, ne fonctionnent plus depuis des mois et des mois) visant à definir des axes structurants à très court terme.</div>  <div>  	&nbsp;</div>  <div>  	<strong>4/ UN CLIN D’OEIL EN GUISE DE MESSAGE</strong></div>  <div>  	&nbsp;</div>  <div>  	Enfin, pour conclure, l’AILCC a décidé de dévoiler aujourd’hui ce qui peut être considéré comme une campagne d’information. Elle se décline sous trois formes : affiches qui seront apposées dans tous les établissements de l’île, auto-collants et tee-shirts. Le message est delivré sous forme de clin d’oeil : qui ne se souvient pas du fameux dessin de Battì Manfruelli pour l’association Scola Corsa (dont nous saluons ici le rôle majeur de précurseur) intitulé “O mà, parlami corsu” ? Eh bien, par le simple rajoût d’un lettre, le potentiel propre à chaque langue opère et avec l’aimable accord des personnes citées voilà que le slogan du Settanta devient désormais “O maè, parlami corsu” (maè étant la contraction de maestra, ou maestru : maître, enseignant, professeur.) Le message est clair : il est grand temps que le système scolaire joue enfin son rôle et soit un des moteurs principaux de la reconquête linguistique du corse. Nous rappelons à tous les esprits chagrins, les partisans obtus d’un jacobinisme d’un autre temps qui confondent laïcité et centralisme forcené, le slogan de l’Académie de Corse : “s’ancrer pour mieux s’ouvrir”. Le corse, langue de l’identité et du patrimoine est également une langue latine véhiculaire qui donne un accès direct à la Romania (ensemble des langues issues du latin.) Celle-ci est forte d’un milliard de locuteurs&nbsp;sur la planète (1/6ème de l’humanité.) Comment peut-on encore avancer, au XXIème siècle, les arguments de “l’enfermement”, de la “discrimination”, de la “négation de l’autre” ? Cessons&nbsp;les invectives stériles et oeuvrons tous ensemble dans une optique de plurilinguisme, d’enrichissement mutuel, d’échanges internationaux, d’avenir enfin maîtrisé et harmonieux. Affirmons tous pour le bien des générations à venir : “O maè, parlami corsu !”</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>« O maè, parlami corsu »</title>
   <pubDate>Sat, 07 Jul 2012 13:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>admin</dc:creator>
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   Eccu l'articulu esciutu nant'à u situ Corse Net Infos pè a cunferenza di stampa di l'AILCC u 4 di lugliu 2012 in Bastia.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.ailcc.net/photo/art/default/4490669-6740619.jpg" alt="« O maè, parlami corsu »" title="« O maè, parlami corsu »" />
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      A leia <a class="link" href="http://www.corsenetinfos.fr/2012/07/05/o-ma%C3%A8-parlami-corsu/">versu Corse Net Infos</a>  <br />   <br />  A la suite de la prise de position de certains syndicats enseignants contre le projet de coofficialité de la langue corse en cours d’élaboration à la CTC, l’Associu di l’insignanti di lingua è cultura corsa (AILCC) dénonce des manœuvres pour repolitiser un projet qui fait, pourtant, largement consensus au sein de la société insulaire. Elle lance un appel à une concertation sereine pour penser un système éducatif au service di a lingua nustrale, à l’aide d’un slogan revisité. Explications de Ghjiseppu Turchini, Président de l’AILCC. <br />   <br />  C’est une démonstration de force, de détermination et de fermeté&nbsp;que l’Associu di l’insignanti di lingua è cultura corsa (AILCC) a voulu opposer à la polémique syndicalo-politique qui menace, de dérives hors-sujet, le projet de coofficialité de la langue corse, en cours d’élaboration à la CTC. En mai dernier, une fuite politiquement orchestrée de l’ébauche du projet, concoctée par Pierre Ghionga, l’élu territorial à la tête du Conseil pour la langue corse, a déclenché une levée de boucliers des syndicats SNUIPP et FSU de l’Education nationale. <br />   <br />  A l’inquiétude et le mécontentement exprimés, alors, répondent, aujourd’hui, le mécontentement et l’inquiétude des professeurs de corse regroupés autour de leur président, Ghjiseppu Turchini, et de l’un de leurs confrères, élu territorial de Femu a Corsica, Saveriu Luciani. Une réaction collective pour recentrer le débat sur la question essentielle de la sauvegarde di a lingua nustrale et sur l’urgence d’agir. <br />   <br />  <strong>De vieux plats</strong> <br />  En préambule, l’AILCC rappelle qu’elle a interpelé publiquement les candidats aux élections législatives sur la question de la langue et que, seuls, les candidats des deux groupes nationalistes ont répondu. <br />   <br />  Puis, l’Associu réagit aux prises de position récentes de ces syndicats enseignants, se déclarant «&nbsp;profondément choquée par l’excès, voire la virulence des propos proférés par les syndicats SNUIPP et FSU qui ont pourtant pris, en préambule, la précaution d’affirmer qu’ils étaient favorables à la langue corse. Ancu di grazia, ch’o sinnò chì seria statu !». <br />   <br />  Les professeurs de corse accusent certains de leurs collègues de vouloir «repolitiser le problème de la langue alors qu’elle fait l’objet d’un consensus serein» tant politique que social. «On nous ressert de vieux plats: discrimination, agitation des peurs avec la mise hors norme du dispositif, … pour engendrer la crainte et semer la confusion», explique Ghjiseppu Turchini. <br />   <br />  <strong>La richesse du plurilinguisme</strong> <br />  Démontant point par point les arguments invoqués, il insiste sur la richesse du plurilinguisme qui permet non seulement d’enrayer le déclin de la langue historique, patrimoniale et identitaire de la Corse, mais présente un intérêt véhiculaire majeur dans un monde où 1 habitant sur 6 parle une langue latine. S’inscrivant en faux contre les accusations de division et de discrimination imputées au projet, l’Associu rappelle que le processus prendra assez de temps pour permettre aux enseignants non-Corses d’acquérir, s’ils le désirent, la maîtrise de la langue. A ceux qui estiment que le projet impose la contrainte de parler corse, elle rétorque que l’enseignement de matières comme l’histoire-géographie, les maths, le français ou l’anglais est obligatoire et est, de facto, une contrainte qui ne choque personne&nbsp;! <br />   <br />  <strong>A lingua nustrale en danger</strong> <br />  Pour l’AILCC, cette controverse politique est stérile et hors sujet, au moment où l’Unesco a décrété a lingua nustrale en grand danger. L’heure étant plutôt à un débat technique constructif, elle lance un appel à l’organisation d’une table ronde réunissant toutes les personnes concernées avec néanmoins, en préambule, la nécessité de répondre clairement à une question simple&nbsp;: «&nbsp;Etes-vous pour ou contre la coofficialité&nbsp;?&nbsp;». A ceux qui la refusent, elle demande de proposer, en échange, une solution alternative pour sauver la langue corse&nbsp;! Une manière d’acculer les récalcitrants au pied du mur qu’ils opposent au projet et de les forcer à faire suivre d’effet leurs déclarations d’intention sur la langue. <br />   <br />  Stigmatisant «&nbsp;la contradiction&nbsp;» et «&nbsp;l’hypocrisie&nbsp;» de ceux qui déclarent vouloir sauver la langue en refusant la coofficialité, elle assène&nbsp;: «&nbsp;Nous ne pouvons pas sauver la langue sans la coofficialité. Les recettes, que nous proposons, ont déjà fonctionné ailleurs, dans des dizaines de régions européennes. Tout le monde sait ce qu’il faut faire pour avancer de manière décisive sur ce dossier&nbsp;». <br />   <br />  <strong>Une question orale</strong> <br />  Enfin, l’AILCC contre-attaque avec une campagne d’information qui joue sur un clin d’œil à&nbsp;un slogan célèbre, ornant un dessin qui l’est tout autant&nbsp;: «&nbsp;O maè, parlami corsu&nbsp;».&nbsp;<em>Maè </em>pour <em>maestru</em>, le maître, l’enseignant et pour signifier qu’il est «&nbsp;grand temps que le système scolaire joue enfin son rôle de moteur de la reconquête linguistique du corse&nbsp;». <br />  En écho, ce jeudi, à&nbsp;l’ouverture de la session de l’Assemblée de Corse, l’élu de Femu a Corsica posera une question orale sur le sujet à l’exécutif, histoire de battre le fer tant qu’il est encore chaud&nbsp;! <br />  N. M. <br />   <br />  
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   <title>Ghjiseppu Turchini : « La coofficialité est le seul moyen de sauver la langue corse »</title>
   <pubDate>Sat, 07 Jul 2012 13:12:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>admin</dc:creator>
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   Sempre l'articulu di Corse Net Infos.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.ailcc.net/photo/art/default/4490710-6740682.jpg" alt="Ghjiseppu Turchini : « La coofficialité est le seul moyen de sauver la langue corse »" title="Ghjiseppu Turchini : « La coofficialité est le seul moyen de sauver la langue corse »" />
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      <strong>- Les partis traditionnels, qui clament leur volonté de sauver la langue, n’ont pas répondu à votre questionnaire. Est-ce la question de la coofficialité qui les bloque ?</strong> <br />  - Nous constatons souvent que, malheureusement, un gouffre existe entre le discours général d’intention et l’application technique. Concernant la coofficialité, les états-majors politiques influent grandement sur les positionnements de chacun. Quoi qu’il en soit, il faut très vite avancer sur ce dossier qui, comme on peut le constater dans nombre de régions d’Europe et du monde, est vraiment le seul dispositif capable de maintenir et de développer une langue sur son territoire. <br />   <br />  <strong>- Que répondez-vous aux adversaires de la coofficialité qui lui opposent toute une série d’arguments techniques, pratiques, voir même linguistique ?</strong> <br />  - Ces gens n’ont pas la compétence linguistique requise pour donner une analyse objective et fondée de l’état de la langue corse aujourd’hui. Nous sommes des linguistes, nous savons très bien comment fonctionne une langue, nous ne voyons aucun obstacle à la coofficialité. Ces arguments masquent des crispations idéologiques sur la langue. <br />   <br />  <strong>- Le projet, élaboré par la CTC, a été divulgué avant même sa finalisation. Quel est, selon vous, l’intérêt de ces fuites ?</strong> <br />  - Nous ne sommes pas une organisation politique, mais une association technique de mise en place d’un dispositif au sein de l’Education nationale. Nous n’avons pas à analyser les manœuvres à l’œuvre derrière certaines prises de position. Néanmoins, il semble évident que certaines mouvances politiques et les syndicats qui leur sont, en général, affiliés, sont, depuis des années, farouchement opposés à toute avancée dans le domaine de la langue corse. C’est un fond ultra-républicain qui se dévoile et bloque, dès que l’on essaye de sortir des sentiers battus et d’aller vers une évolution législative. C’est la quadrature du cercle. <br />   <br />  <strong>- C’est-à-dire ?</strong> <br />  - Si on n’élargit pas le carcan de l’anti-constitutionnalité actuelle, on ne pourra pas mettre en place la coofficialité. Or, je le répète, la coofficialité est le seul dispositif à pouvoir assurer la sauvegarde de la langue. Se déclarer favorable à l’enseignement du corse et, en même temps, être fermement contre toute évolution lui permettant de lui donner un cadre, est une incohérence. Comme cela, on ne s’en sortira jamais ! <br />   <br />  <strong>- Ce combat d’arrière-garde vous inquiète-t-il ?</strong> <br />  - Déjà, il nous désole. Il ne faudrait pas, ce faisant, que certaines personnes crispent inutilement le débat. Nous sommes là pour rappeler qu’un grand consensus s’est exprimé au niveau politique à travers la représentation démocratique de la Corse à la CTC. Des enquêtes régulières d’opinions montrent que les Corses, et même des non-Corses qui vivent sur l’île, sont très attachés à la sauvegarde et à l’épanouissement de la langue locale. Et si quelques enseignants s’inquiètent du projet conçu par la CTC, ils ne représentent pas la majorité des enseignants. Une autre voix, de plus en plus forte, portée par des gens de plus en plus nombreux, se fait entendre pour soutenir le projet. <br />   <br />  <strong>- La signature de la Charte des langues régionales, promise par la gauche, est-ce un pas important pour sauver le corse ou dérisoire par rapport à la coofficialité ?</strong> <br />  - La Charte des langues régionales est un menu déroulant dans lequel on peut sélectionner des éléments. A son niveau le plus haut, elle commence à donner un cadre structurant et fort à la langue locale. Mais, elle est en retrait par rapport à l’urgence d’agir et à la mise en place d’une coofficialité avec une langue corse, en dehors du français, légitime sur son territoire. Par contre, au niveau symbolique, un Président de la République, qui signerait enfin cette charte, contribuerait à débloquer les esprits et à donner une autre image de la France qui porte le bonnet d’âne de l’enseignement des langues minoritaires en Europe. <br />   <br />  <strong>- Ne craignez-vous pas que le temps nécessaire au changement constitutionnel ne pose problème par rapport à l’urgence d’agir ?</strong> <br />  - C’est pour cela que nous sommes assez inquiets. En Corse, nous avons les moyens d’aller rapidement et efficacement en utilisant, enfin, les compétences qui nous ont été octroyées par le statut particulier. Nous pouvons avancer en utilisant le changement de pouvoir en France, qui est favorable à la majorité territoriale. Si la volonté d’avancer, affichée par l’exécutif de la CTC, est réelle, qu’on nous en donne la preuve maintenant ! Et que les établissements appliquent vraiment, avec cohérence, le train de mesures mis en place, depuis de nombreuses années, notamment au niveau de l’enseignement. <br />   <br />  <strong>- Cette non-application résulte-t-elle d’un manque de moyens ou d’un manque de volonté ?</strong> <br />  - Uniquement d’un manque de volonté ! Nous touchons le plafond indépassable de l’optionnalité de la langue corse qui reste confinée dans un emploi du temps marginal et dérisoire, trois heures par semaine. <br />   <br />  <strong>- Certains ne tendent-ils pas à considérer la défense de la langue corse comme un danger pour la langue française ?</strong> <br />  - Oui. On continue de souffler sur les braises et d’opposer les deux langues alors qu’elles sont complémentaires. C’est pour cela que nous parlons de plurilinguisme. Il faut sortir de la crispation : français contre corse, et comprendre la chance d’être plurilingue, de parler français tout en gardant notre identité. Le corse nous ouvre l’espace de la Romania, qui regroupe l’ensemble des langues issues du latin, notamment italiennes et ibériques, et représente 1 milliard de locuteurs sur la planète. C’est ça la véritable chance, l’enjeu et la richesse de la langue corse. On peut parler plusieurs langues, être citoyen du monde, tout en étant ancré dans son identité. <br />   <br />  <strong>- Vous dites que la coofficialité doit être un élément important de la négociation sur le PADDUC. Qu’attendez-vous du débat qui s’ouvre ?</strong> <br />  - Le PADDUC parle de développement harmonieux du territoire, d’organisation et de gestion de l’espace, ce qui concerne aussi l’espace culturel. Tout est culture. La langue, qui est le vecteur essentiel de la culture, est de facto dans l’espace culturel. Donc, placer la langue, la culture, le patrimoine et l’identité dans les textes, qui vont structurer le développement de la Corse, l’occupation de l’espace, le projet politique et de société, est incontournable. Ce PADDUC va manifestement engendrer une sorte de package sur le transfert de certaines compétences. Il faut, à tous prix, que dans ce transfert de compétences figure, de manière incontournable et définitive, la coofficialité. <br />   <br />  <strong>- En attendant ce transfert de compétences, quelle mesure urgente faut-il prendre pour sauver la langue corse ?</strong> <br />  - La multiplication des filières bilingues, la généralisation du bilinguisme, la continuation de ce qui est en cours. A la rentrée 2013, toutes les écoles maternelles de l’île seront bilingues. Il faut, dès septembre, se mettre au travail et avancer de manière décisive. <br />   <br />  Propos recueillis par Nicole MARI, <a class="link" href="http://www.corsenetinfos.fr/2012/07/05/o-ma%C3%A8-parlami-corsu/" target="_blank">Corse Net Infos</a>  
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   <link>http://www.ailcc.net/Ghjiseppu-Turchini-La-coofficialite-est-le-seul-moyen-de-sauver-la-langue-corse_a44.html</link>
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